‹ J.-B. Faure, 1830-1914 1923Chapitre 1 sur 25 · J.-B. Faure, 1830-1914 1923 · texte numérisé non relu

J.-B. Faure, 1830-1914 1923

Dés longtemps j'avais formé le dessein de conter la magnifique carrière de J.-B. Faure, honneur de la scène lyrique française, et dire un peu ce que fut le grand artiste, en quoi il mérila celte répulalion mondiale dont l'écho n'est pas encore dissipé et cet universel respect qui l’entoura toujours. La gloire des plus célèbres interprètes de la scène n'est que trop éphémère : un nom, le titre de leurs « créations », elle ne laisserait rien de plus après elle, si quelque plume attentive n’en fixait le souvenir.

Le plus grand artiste dont la scène lyrique française ait pu s’enorqueillir avant Faure, Adolphe Nourrit à été aussi, jadis, l’objet d’une étude approfondie, par les soins érudits de Louis Quicherat, qui avait élé son ami. J'ai essayé d'en suivre l'exemple. — Ce souvenir, n'est-ce pas comme un devoir de gratitude et de reconnaissance, de le sauvegarder pour la postérité, lorsqu'il s'attache à de vraies Jotes d'art, à un fécond et noble enseignement? Je n'ai connu Faure qu’assez tard, mais j'avais d'autant plus vive, à son égard, cette impression de dette, que je le voyais plus convaincu de la vanité de sa célébrité passée. L'évoquer, devant lui, était décevant : il semblait s'appliquer, s’entrainer à l'oublier, à l’écarter de lui ; et c'est un

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