‹ J.B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvre 1923Chapitre 11 sur 107 · PIS · texte numérisé non relu

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GABRIEL HUQUIER

Pastel. Signé et daté 1747.

(A M. André Lazard)

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suffisamment l'identité supposée. Cependant on retrouve les traits de l’enfant dans un pastel, par Louis Visgée, de Jean- Baptiste-Antoine Lemoyne, fils aîné du sculpteur, né à Paris le 17 août 1742, mort à Port-au-Prince le 14 mars 1781. Ce pastel, passé en février 1912 dans la vente de la collection de M. Yves Le Moyne, le représente â$é de vingt ans environ.

On voyait à l'Exposition de Cent Pastels, en 1908, un pastel d'enfant appartenant à M. Albert Lehmann qui était signé en bas à droite: Perronneau pinx. 1747, et que l’on donnait comme le « portrait présumé d'un fils de Le Moyne, sculpteur du roi ».

Nous isgnorons la destinée des portraits de M"° de Villeneuve, une orléanaise (1), les mains dans son manchon, de M. C... ou M'° ***, tenant un éventail. Par contre, sur le numéro 127, M. Huquer, d'Orléans, et le numéro 129%, le fils de M. Huquer, tenant un lapin, nous avons de précieuses indications. Le portrait de Huquier le père (collection André Lazard) ne prête pas à la discussion. Le pastel (pl. 5), remarquable en tous points, est sisné au milieu, à $auche : Perroneau en 1141, Février.

Il s’agit de Gabriel Huquier, dessinateur et $raveur, né à Orléans en 1695, qui s'établit à Paris comme marchand d’estampes, dessina des ornements dans le $oût chinois, $rava à l’eau-forte d’après Boucher, Gillot, Watteau, et autres maîtres. français. [l avait réuni une nombreuse collection de dessins et d’estampes qu'il ouvrait, à certains jours de la semaine, aux artistes et aux amateurs. On lit dans une lettre de Jombert, adressée à Desfriches après la mort de Huquier, en date du 12 juillet 1772: « On va faire un nouveau catalogue des desseins et estampes restans dans le cabinet de Huquier et comme son recueil de mille desseins choisis des plus $rands maîtres des trois écoles sera détaillé ainsi que les estampes de son œuvre de Le Clerc, cela fera encore un catalogue assés ample. » Dans la

(1) Dans sa lettre du 10 avril 1773, Perronneau écrit à Desfriches: « Je salluë nos amis et particulièrement Monsieur Soyer, Monsieur de Villeneuve et Madame son Epouze. »

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même lettre, quelques lignes auparavant: « Vous scavés que ce

pauvre Huquier est mort il y a près d’un mois; le scellé est encore sur tous ses effets ; comme on ne reçoit point de nouvelles de son vaurien de fils qui est en Angleterre, et à qui l’on écrit inutilement tous les ordinaires, on s'est déterminé à appeler le substitut du procureur du roy qui tiendra lieu de la présence du fils et l’on compte commencer demain l'ouverture du scellé: il me paroist que le bonhomme Huquier n'est pas mort si riche qu’on le pensoit et une partie de son héritage s’en ira en frais de justice et de procédure. La veuve, le $endre, les enfans ne sont jamais d'accord et vivent ensemble comme chiens et chats. Cela vérifie le proverbe, ce qui vient de la flûte s’en retourne au tambour. »

Cette lettre nous fait pénétrer dans un intérieur d’artiste au XVIII siècle; elle transforme, avec les années, le fils de M. Huquier tenant un lapin (n° 129'S du Salon, 1747), Gabriel Huquier, $raveur, en « un vaurien de fils ». Voilà en tout cas Perronneau portraitiste attitré des Orléanais et des nombreux amis de Desfriches.

La critique ne se montra pas plus circonspecte que l’année précédente, et l’abbé Leblanc, lui-même, le panégyriste de La Tour, avoue dans sa Lettre sur l'Exposition des ouvrages de peinture, sculpture, etc., de l’année 1747, faisant allusion au portrait de Huqauier le père: « Près de ce tableau (une marine de Le Bel), on voit un portrait en pastel, par un jeune homme nommé M. Perroneau, qui est plein d’esprit et de vie et qui est d’une touche si visoureuse et si hardie qu’on le prendroiïit pour être d’un Maître consommé dans son Art. Que ne doit-on pas espérer de quelqu'un qui marque tant de talent dans ses premiers Ouvrages ? »

Nous connaissons un pastel de Perronneau qui vaut l'effigie de Huquier le père, et qui porte l’inscription : Perronneau, pinx. Noîre, 1747, mais qui ne tisura pas au Salon de la même année.

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C’est ie portrait du comte de Bastard (collection David Weill) (1). Il constitue pour nous un document signé, de la plus $rande valeur (pl.6). En effet, il y a eu à Toulouse, au XVIII‘ siècle, une famille de parlementaires portant le nom de Bastard de l’Estang, et il existe encore aujourd’hui, paraît-il, des représentants de cette famille à Agen. Citons dans cette sénéalogie: Dominique de Bastard, seigneur de la Fitte et de Pominet, né le 18 janvier 1683, reçu conseiller au parlement de Toulouse en 1704, doyen en 1753, premier président nommé en 1762, conseiller d'Etat en 1774, mort au mois de novembre 1777; François de Bastard, né à Toulouse le 16 décembre 1722, successivement conseiller au Parlement de Toulouse, maître des requêtes, premier président du Parlement de Toulouse, conseiller d'Etat, chancelier $arde des sceaux de $. A. R. Mgr le comte d'Artois, mort à Paris le 20 janvier 1780.

Le costume concorde avec ces indications : le personnage porte une perruque poudrée, environnée de frisures et dite de &« procureur », par la raison que les $ens de robe conservèrent lonstemps encore sur leurs épaules la crinière du XVIr siècle. Perronneau serait-il allé à Toulouse en novembre 1747?

Il semble bien, en tout cas, qu’il soit allé à Orléans puisque, cette même année, il a peint à l’huile le portrait de Charles Le Normant du Coudray, « conseiller et procureur du Roy de la Sarde du milieu, fores d'Orléans », par aïlleurs bibliophile et amateur. Le modèle a 35 ans; le visage respire l'intelligence et la finesse qui ne sont pas incompatibles avec l’amour de la chasse dont témoigne un fusil passé à la bretelie et un épagsneul que le personnage tient sous le bras. Habit vert olive, col, jabot et manchette de lingerie ; les cheveux non poudrés et noués en catogsan (2).

(1) Adjugé 116,100 francs à la vente de la collection Doucet. (2) Ce portrait appartient à M. B. Fossard; il a été signalé et étudié par M. Charles Saunier, dans la Revue de l’Art ancien et moderne (n° de janvier 1922).

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Est-ce à la même année qu'il faut situer le portrait du « Sächsichen Kammerat C. Friedrich Kregel von Sternbach (1717- 1789)? Cette effigie du conseiller de la chambre ducale de Saxe, peinte à l’huilè, est signée: Perronneau pinx. Paris, 17.7 (1). Cette indication incomplète de la date donne à supposer, d’après l’âge probable du personnage, qu'il s’agit de 1747.

Au Salon de 1748, Perronneau exposait :

95. — Celui du Révérendissime ***, abbé Résulier de Paris, peint à l’Huile.

96. —— Autre au pastel, de M. Olivier en Habit de velours, appuyé sur une Table.

97. — Celui de Madame Son Epouse, habillée d'une Robbe de Pequin.

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