‹ J. B. Perronneau (1715-1783) sa vie et son œuvreChapitre 17 sur 78 · ADDENDA · texte numérisé non relu

ADDENDA

De nouveaux documents sont venus à notre connaissance pendant l'impression de l'ouvrage et n'ont pu être incorporés dans le texte. Nous les reproduisons ici:

A la page 14, Aligne:

Dufort écrit: »M. de Chailly, qui apparamment me trouvait trop jeune, ne me disait pas tout. Il avait découvert une très jolie danseuse de l'Opéra de Paris, Mademoiselle Amédée, dont on disait qu'elle était la meilleure fille du monde, puisqu'elle était sans soucis! L'art lui en avait fait deux beaux et si réguliers qu'au vrai elle avait une physionomie délicieuse . . .« L'inspecteur de police Meunier, note sur ses rapports:

»M'Jl Amédée, danseuse de t Opéra. Du 14 Août 1749. Demeure rue du Mail, près la place des Victoires, à côté d'un chirurgien au second. Elle est âgée d'environ 23 à 24 ans, petite brune, les yeux noirs, belle bouche, des sourcils postiches. Elle a été entretenue par M. de Fatay intendant des finances; actuellement elle a M. le duc d'Olonne, maréchal de camp, rue de Bourbon, faubourg St. Germain. Il est garçon âgé de 24 à 25 ans. —

Le 4 Janvier 1750. Elle demeure depuis environ 4 mois cul de sac de la rue St. Thomas du Louvre. Elle est âgée d'environ 22 ans, grande (sic) et bien faite, brune, les yeux noirs et grands, la bouche belle, les sourcils teints, néanmoins jolie. Elle est fille du nommé Valat fondeur, peu à son aise, demeure rue Princesse, faubourg St. Germain; sa mère est encore vivante; on lui fit apprendre le métier de couturière. Pendant le temps de son apprentissage, elle fit la connaissance du nommé Belgrem, espèce de domestique, sous le titre de fourier des écuries de M. le comte de Charolois qui l'épousa. Ils ne restèrent que peu ensemble. Elle fut entretenue alors par le chevallier de Clermont d'Amboise, colonel du Régiment de Bretagne Infanterie. Depuis elle est entretenue par

le duc d'Olonne qui fait pour elle des dépenses considérables. Le duc d'Olonne est âgé de 33 à 34 ans et veuf depuis environ 4 mois. Il manque peu d'opéra pour y jouir particulièrement du plaisir d'y voir la dis Amédée. Elle a fait ses couches à Vannes chez le duc d'Olonne. Elle jouit de 3 à 4000 L de rente.

Octobre zyjo. — Le duc d'Olonne a donné rendez- vous à Mis Amédée à St. Germain-en-Laye.

Le 4 Février 17JI. — Elle est passée à Londres emportant ses bijoux.

Le 24 May 1754. — La dil Amédée part à ce qu'elle dit pour deux mois d'icy, pour se rendre à Prague avec le Baron de Briethanbac qui demeure présentement rue du Four, faubourg St. Germain â l'hôtel d'Hambourg. «

A la page 16, 254 ligne:

Mais, dans les registres de comptes de la maison de Soubise, conservés au château de Chantilly, et spécialement dans le »deuxième compte que rend à S. A. Me le Prince de Soubise, Jacques Larceneux, trésorier général de Sa dite Altesse, de la recette et dépense par lui faite en la dite qualité, pendant l'année 1752«, j'ai trouvé en effet, au recto du feuillet 83, cette mention:

«Peintres en portraits.

Kamme.

De celle de onze cents quatre livres payée au sr Kamme, peintre du roy de Pologne, sur des ordres par écrit de S. A. pour des portraits par lui faits, sçavoir:

»3 mars 1752 600 livres

»28 juin 504 livres

Revenant les dites sommes à celle susdite de . . 1104 livres. «

A la page 20, 294 ligne:

Le 16 Mars 1752: »La Dî^ Lany, danseuse à l'Opéra, est accouchée samedi dernier onze de ce mois, rue Fromenteau vers les six heures et après un long travail, d'un garçon qui a été baptisé le lendemain à St. Germain L'Auxerrois, sous le nom de M. Hotting-Thon qui s'en est dit le père et qui étoit présent. Le parain a été M. d'Albermale, ambassadeur d'Angleterre. Et la maraine la Dil Lany sœur aînée de l'accouchée laquelle a eu un présent de la part de M. d'Albermale, une bague et des boucles d'oreille estimées environ cent louis. Elle n'est point jolie et n'a aucun talent. C'est elle qui fait la dépense de la maison . . . On prétend que M. Hotting-Thon est disposé à légitimer cet enfant, et à l'appeler à sa succession en cas qu'il vive.«

A la page 22, 334 ligne:

J'ai relevé enfin, aux Archives du Musée Condé à Chantilly, dans les registres de comptes de la maison de Soubise, et plus spécialement dans le «troisième compte que rend à S. A. Me le Prince de Soubise, Jacques Larceneux, trésorier général de Sa d. A., de la recette et dépense par lui faite en lad. qualité pendant les années 1752 et 1753, la mention suivante (feuillet 67, au verso):

«Peintres en portraits.

Plus de la somme de mille livres payée au S= Perronneau, autre peintre, le 9 Octobre 1751 pour le portrait en pastel de S. A. suivant l'ordre et quittance rap^L cy 1000 livres.

A la page 23, 154 ligne:

Dans les compte-rendus contemporains, conservés au Fond Deloynes (Cabinet des estampes), il n'y a aucune indication descriptive sur le portrait de la jeune princesse de Condé. A Versailles, dans les salles de l'Attique Nord, j'ai vu un portrait de Charlotte-Godefrede-Elisabeth de Rohan-Soubise. Médiocre copie, dûe à M^e Danse, et mesurant 0,18 de large sur 0,25 de haut. Soulié, dans son catalogue du Musée de Versailles, écrit à ce propos: »L'original se trouvait (et non se trouve) autrefois au château de Chantilly. « Au musée Condé, à Chantilly, dans les appartements privés du duc d'Aumale, il existe toute une série de petits portraits des membres de la famille de Condé. Parmi ces portraits, qui ont tous été exécutés vers 1775 ou 1776, pour le Palais -Bourbon, par les soins de Simon Bernard Le Noir, peintre ordinaire du prince de Condé, on voit celui de la princesse Charlotte-Godefrede-Elisabeth, qui est identique à la copie exécutée par Mj^L Danse, avec cette seule différence que la peinture de Le Noir est un ovale et celle de M?^ Danse un panneau rectangulaire. Sur un fond bleu légèrement rompu d'or, s'enlève le visage ovale aux traits réguliers, aux grands yeux bleus, au teint rose, à la bouche jolie. Les cheveux sont poudrés et coiffés en tapé. On aperçoit le lobe de l'oreille droite. Le décolleté, très pur, s'encadre d'une modestie blanche reflétée de bleu. Une draperie blanche se noue sur le devant de la poitrine avec une draperie bleue, en formant trois coques. Un fil de perles s'attache sur le bras gauche. Le modelé en pleine lumière, les valeurs déterminées par un éclairage unique de gauche à droite, l'équilibre des tonalités bleues et jaunes, l'arrangement même, sont familiers à Perronneau. La princesse de Condé étant morte en 1 760, le portrait de Le Noir, exécuté vers 1775 est lui-même une copie. L'original est-il de Perronneau?

Cet original, qui se cache encore, j'en ai trouvé la trace dans les registres de comptes de la maison de Soubise (année 1752, feuillet 73, recto): Peintres en portraits . . .

Perronneau.

Plus de celle de six cents livres payée le 6 May 1 752 au Sr Peronneau autre peintre pour le portrait de MU? de Soubise, aujourd'hui Princesse de Condé. Suivant l'ordre et quittance rapportés, cy 600 livres.

Il s'agit de la princesse Charlotte-Godefrede-Elisabeth de Soubise, qui avait épousé le prince de Condé le 2 Mai 1753. On peut voir aux Archives Nationales, dans la vitrine 78, son contrat de mariage (n° 978). Les Archives conservent également une correspondance d'une sentimentalité délicate, adressée par cette princesse à son mari, et qui a fait l'objet d'une publication du comte Fleury, dans le Carnet historique et littéraire du 15 Octobre et du 15 Novembre 1898.

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