‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 29 sur 308 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Un hommage est dû tout d’abord à ceux qui, avant nous, ont tenté d'établir le Catalogue de l’œuvre de Chardin.

Charles Blanc dans ses monographies de l'Histoire des Peintres, si dédaignées aujourd'hui, mais qui donnèrent cependant la meilleure formule des biographies futures, faisait suivre chacune de ses notices d’un catalogue — que les moyens d'information d'alors l'ob igeaient à faire bien restreint — de quelques extraits des catalogues de ventes et d'indications sur les graveurs ayant interprété les œuvres du peintre dont il venait de raconter la vie. Les Goncourt élevèrent à Chardin, comme aux principaux maîtres du xvin° siècle français, un véritable monument littéraire, d'autant plus solide et durable, qu'au charme de la forme, ils n'avaient nullement sacrifié la solidité du fond. Leur information curieuse et sagace leur avait fait feuilleter livrets de Salons, commentaires contemporains et catalogues de ventes ; elle les avait entraînés naturellement à réquenter les merveilleuses galeries qui existaient alors à Paris et qui étaient si riches en œuvres précieuses des maîtres français. Enfin Emmanuel Bocher a consacré à l'œuvre de Chardin un de ces catalogues raisonnés, établis avec tant de soin, avec tant d'amour même, que oute l'ambition de ceux qui devaient tenter l’entreprise après lui, devait se borner, en le prenant pour modèle et pour guide, à être un peu plus complets peut-être, les travaux critiques et les moyens d'information s'étant développés depuis. À cela doivent tendre aujourd'hui nos efforts ; toutefois le Catalogue que nous présentons ici offre avec celui de Bocher une différence essentielle. Alors que la préoccupation de Bocher était d'établir la liste des gravures faites d'après es peintures de Chardin et de fixer l'histoire de chacune d'elles, nous nous sommes efforcés de constituer un Catalogue aussi complet que possible de l'œuvre peint de Chardin, le faisant précéder naturellement des documents qui pouvaient lui donner toute sa signification.

Nous exprimons notre vive gratitude à ceux dont les travaux ont facilité notre tâche. MM. de Fourcaud, Maurice Tourneux, Gaston Scheffer, Charles Normand, et nous adressons un souvenir à la mémoire de Lady Dilke, dont la mort a privé la peinture française d’un de ses historiens les plus perspicaces et les mieux avertis. Enfin nous sommes heureux de pouvoir adresser ici nos vifs remerciements à tous ceux, critiques, conservateurs de musées ou collectionneurs, qui ont bien voulu faciliter notre travail. Sans tenter de les nommer tous, nous ne pouvons oublier l'accueil que MM. James Simon et Friedländer, à Berlin; M. Claude Philipps, à Londres ; M. le D' Bredius, à La Haye; MM. Oswald Siren et Georg Gæœth, à Stockholm ; M. Neoustroieff, à Pétersbourg; M" Jahan-Marcille, M. le baron Henri de Rothschild, MM. Henri et Léon Michel-Lévy, Édouard Kann, Pierre Decourcelle, Jacques Doucet, Gabriel Séailles, Alexis Vollon, Pierquin, à Paris, nous ont fait et dont nous leur exprimons ici notre très vive reconnaissance.

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