‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 10 sur 55 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Suite des natures mortes. — Salons de 1765, 1767 et 1769. — Goûts de Chardin pour les Attributs. — Les natures mortes de Chardin au Louvre. — Où il prenait ses modèles. Reconstitution de son intérieur au moyen de ses tableaux. — Ide'es de Chardin sur la peinture.

« Vous revoilà donc, grand magicien, avec vos compositions muettes.» C'est en ces termes enflammés que Diderot apostrophe Chardin dans son Salon de 1765. Son enthousiasme pour les natures mortes de l'artiste n'a pas faibli.

« Chardin est si vrai, si vrai, si harmonieux que, quoiqu'on n^ voie sur sa toile que la nature inanimée, des vases, des bouteilles, du pain, du vin, de l'eau, des raisins, des fruits, des pâtés, il se soutient et peutêtre vous enlève à deux des plus beaux Vernet à côté desquels il n'a pas

hésité à se mettre Il a peint les Attributs des Sciences, les Attributs

des Arts, ceux de la Musique, des Rafraîchissements, des Fruits, des Animaux. 11 n'y a presque point à choisir ; ils sont tous de la même perfection ^.

Les trois premiers tableaux dont parle Diderot étaient destinés aux appartements de Choisy ; le Louvre possède l'un d'eux, les Attributs des Arts^, qui était autrefois placé en dessus de porte dans un des salons du Château. On y voit une statuette de femme ^ placée au milieu de différents objets, boîte à couleur, palette, pinceaux, masse de sculpteur et livres sur une espèce de console en bois. L'œuvre est bonne, sans mériter les éloges exagérés de Diderot. Chardin, dont l'invention n'était

1. Œuv. compl. de Diderot, éd. Assézat, t. X, p. 299-300. (Salon de 1765.)

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