‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 11 sur 55 · Ecole française n° 98 (ancien · texte numérisé non relu

Ecole française n° 98 (ancien

3. Copie de la statue de la fontaine de Bouchardon, rue de Grenelle.

J.-B. SIMÉON CHARDIN 37 pas la faculté dominante, semble avoir aimé jusqu'à la manie cette sorte de sujets. Spécialement il avait un faible pour les Attributs de la Musique qu'il aurait pu appeler tout bonnement Instruments de Musique. Sans parler de ceux de 1765 que décrit Diderot et qui ont passé dans une collection particulière, une toile du Louvre ' reproduit à peu près une donnée qu'on retrouve dans quatre autres Attributs de la Musique — pupitre de musicien, trompe de chasse, mandoline, musette, livres à tranche rouge, etc. Quelques accessoires manquent ici et ont été ajoutés là, mais le sujet reste le même. Pendant que nous tenons cette toile que notre grand musée national a le bonheur de posséder, profitons-en pour dire qu'elle est à coup sûr une des plus remarquables de Chardin. L'arrangement en est excellent, l'harmonie parfaite et la couleur exquise. Peu' d'œuvres du peintre oat autant de tenue. Il n'y manque que le charme et sur ce point c'est le genre qui est plus coupable que l'auteur. Un lièvre pendu au croc, un panier de prunes savoureuses, une bouteille casquée d'argent ou même une pipe chargée de tabac peuvent à la rigueur réveiller des souvenirs agréables ou exciter des convoitises ; mais quoi de moins suggestif qu'une grosse caisse ou qu'un trombone à coulisse, même si on les élève par faveur spéciale au rang d'' Attributs de la Musique ?

Les deux Salons qui suivirent — 1767 et 1769 — ne pouvaient se passer des Attributs chers au cœur de Chardin. Dans le premier nous trouvons de lui deux tableaux représentant divers Instruments de musique et destinés aux appartements de Bellevue.

« Commençons par dire le secret de celui-ci, dit Diderot. Cette indiscrétion sera sans conséquence. Il place son tableau devant la nature et il le juge mauvais tant qu'il n'en soutient pas la présence-. »

Même antienne au Salon de 1769 où Chardin expose les Attributs des arts et les récompenses qui leur sont accordées, répétition avec quelques changements du tableau fait pour l'impératrice des Russies.

« Tous voient la nature, mais Chardin la voit bien et s'épuise à la rendre comme il la voit : son morceau des Attributs des Arts en est la preuve ^, »

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