‹ J.-B. Siméon ChardinChapitre 12 sur 55 · Ecole française, n · texte numérisé non relu

Ecole française, n

2. Œuv. compl. de Diderot, Ed. Assézat, t. XI, p. 97. (Salon 1767.)

3. Œuv. compl. de Diderot, Ed, Asséiiat, t. XI, p, 408. (Salon de 17Û9.)

:îs les artistes célèbres

C'est encore la mijme idée que Diderot exprime sous une forme plus piquante, en disant à propos du Salon de 1771 :

« Il me semble qu'on pourrait dire de M. Chardin et de M. de Buffon que la nature les a mis dans sa confidence »

Attributs de toute espèce, poil ou plume, fruit ou légumes, porcelaines, bassins ou chaudrons, Chardin a produit un nombre incalculable de natures mortes. En dresser le catalogue complet serait à peu près impossible. Les Concourt en ont au moins donné un essai déjà très satisfaisant. Beaucoup d'ailleurs ont péri ; d'autres, soigneusement couvés parleurs propriétaires, sont aussi utiles au public que s'ils n'existaient pas. Au Louvre, en dehors des tableaux que nous avons déjà cités, la salle du xviii^ siècle contient quelques œuvres qui donnent une idée suffisante du talent du maître : 1° Un lapin mort suspendu à un clou, une poire à poudre et une gibecière 2. Sujet simple s'il en fut et comme Chardin en a jeté par douzaines dans la circulation. Ce tableau doit être celui dont fait mention le livret du Salon de 1757.

2° Un intérieur de cuisine. Chardin n'a pas dû aller bien loin pour le prendre et je ne serais pas étonné que ce fût tout simplement la modeste et bourgeoise cuisine de sa première femme. On y voit un chaudron en cuivre jaune, un gril, un fourneau, deux œufs : trois harengs pendent à la muraille pour le déjeuner de la petite famille ^. Le tableau est de 1/31, la réputation de Chardin commençait à peine, mais il était déjà en pleine possession de ses moyens,

3° Un autre intérieur de cuisine qui faisait pendant au précédent et qui est de la même année ''. Les harengs sont remplacés par une pièce de viande — ce n'est pas tous les jours vendredi — et un étui de pipe, qui pourrait être ailleurs, traîne sur la table de la cuisine. La pipe a été la compagne bien-aimée de plus d'un peintre fanatique de son art et ami de la solitude, Chardin l'a mise plus d'une fois dans ses tableaux et il ne me déplaît pas de penser qu'elle a servi à consoler cet artiste sensible et discret de ses déboires.

4° Des ustensiles de fumeur^, tableautin sans prétention, d'une

1. Œuv. compl. de Diderot, Ed. Assézat, t. XI, p. 481. (Salon de 1771.)

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