‹ J. Bernard;Chapitre 1 sur 4 · J. Bernard; · texte numérisé non relu

J. Bernard;

Ceux qui l'ont rencontrée ont admiré cette physionomie calme et belle : un schéma de puissance, avec une volonté presque malicieuse; le nez accentué, busqué, les lignes bien accrochées ensemble, toute la force dans la nuque. Un visage dépourvu de tristesse, mais auquel un regard partagé entre l’image qui le retient et l'Eden plus lointain confère toute sa poésie, De taille moyenne, le corps est vigoureux. Les mains du sculpteur sont délicates.

Bernard a la tempérance de langage qui caractérise les grands mystérieux de l’art. Et n’a-t-il pas transfusé son silence aux expressions de ses ouvrages ?

Voyez, ses sculptures ne racontent pas d'histoires; elles sont plus filles du silence que n'importe quelles autres œuvres arrachées à la pierre: elles sont tellement près du silence que l’on dirait qu’elles n'ont point encore fait entendre leur voix et, lorsque les figures expriment le chant, on ne sait si elles ont déjà commencé à chanter ou si elles ouvrent la bouche pour entonner leur

cantique.

Le propre du génie, c'est, croyons-nous, de faire alterner la force et le charme, sans que la qualité de l'œuvre vienne à en souffrir. D'ailleurs, il est un nom qui, bien compris, s'applique de lui-même à ce double

thème : « la grâce D

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