‹ J. Guadet et les aveugles: sa vie, ses doctrines, ses écritsChapitre 2 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pour retracer avec une parfaite fidélité la vie de Guadet au milieu des aveugles, il faudrait avoir vécu avec lui, avoir été à ses côtés durant sa longue et laborieuse carrière, d'aboi d comme son élève, puis comme son collaborateur. Rien de tout cela ne m'a été donné, et si une étude attentive de ses écrits sur les aveugles, imprimés ou manuscrits, un dépouillement minutieux de sa volumineuse correspondance avec les hommes spéciaux de tous les pays du monde, ont pu me familiariser avec les idées, les doctrines de Guadet, j'avoue volontiers que cela m'a plus fait connaître le pédagogue, l'écrivain, que l'homme lui-même

dans sa vie de tous les jours. Aussi est-ce dans la première partie de de cette étude que je me sens le plus au-dessous de ma tâche. Mais, puisque un concours de circonstances que je suis loin de regretter m'a en quelque sorte imposé ce devoir, je le remplirai de mon mieux, m'aidant d'ailleurs des conseils de ceux qui furent les élèves, les collaborateurs et les amis de Guadet,

Guadet, né à St-Emilion, le 1" novembre 1795, neveu du Girondin Guadet, ne commença à s'occuper des aveugles qu'en 1840, et voici comment il y fut amené. Dufau, son compatriote et son ami, était entré à l'Institution en 1815 comme second instituteur sous la direction du D' Guillé, et, en 1816, il avait offert à Guadet l'hospitalité dans son appartement de l'Institution encore située rue Saint-Victor. Alors étudiant en droit, Guadet commença à être ainsi rapproché des aveugles , auxquels il s'intéressait, mais dont il ne s'occupait pas. Devenu licencié en novembre 1818, il dut, pour faire son stage d'avocat, quitter son ami Dufau et son modeste gîte de la rue St- Victor et vécut 22 ans absolument en dehors de l'Institution où il ne venait que pour voir Dufau, avec lequel il entreprenait des travaux d'érudition (1) ; mais celui-ci s'étant fait nommer directeur en 1840, et sentant qu'à cause de sa santé délicate il lui faudrait avoir à ses côtés un homme

(1) Dictionnaire de Géographie ancienne comparée, 2 vol. în-S" (1820). Collection des chartes, Constitutions et lois fondamentales des peuples de l'Europe et de l'Amérique. fEn collaboration aussi avec M. Duvergier) 5 vol. in-8* 1822-1828, etc.

Et LES AVBÙGLES Q

dans lequel il eût toute confiance, demanda avec instance et obtint que Guadet fût nommé second instituteur (1). Cette position, quoique modeste, eu égard à la valeur que Guadet avait déjà comme écrivain et comme érudit, était cependant plus avantageuse au point de vue matériel, que celle qu'il abandonnait ; de plus, elle était sûre et devait lui permettre de continuer les travaux historiques pour lesquels il avait un si grand attrait.

Mais indépendamment de ce mobile que j^appelerai matériel, il avait conçu depuis longtemps le désir de s'occuper des aveugles, et une fois que cet homme de cœur et de conscience eût pris possession de ses nouvelles fonctions, il s'y dévoua tout entier, décidé à y consacrer sa vie.

La carrière de Guadet, par rapport aux aveugles, me semble pouvoir se diviser en quatre périodes: !• Guadet instituteur 1840-1854 (direction Dufau) : 2' Guadet receveur 1854-1855 (direction Dufau et Boue de Verdier), 3" Guadet chef de renseignement 1855-1863 (direction Boue de Verdier), 4® Guadet chef de l'enseignement (suite) 1863-1871 (direction Watteville et Romand), retraite, 1871.

(1) Les appointemenls attachés à cet emploi étaient de 2500 fr. (non nourri ni logé).

lÔ J. GÙÀDÈt

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