‹ J. J. Balechou Graveur du Roi 1716-1764Chapitre 12 sur 31 · Archives nationales, Oi, 1909, pi. i, n* dSibis · texte numérisé non relu

Archives nationales, Oi, 1909, pi. i, n* dSibis

A Varsailtos, le 7 avril 17$^.

A Messieurs les Échevins de la ville de Marseille,

Vous pouvez, Messieurs, aussitôt que vous le voudrés, faire graver, parle S'Balchou (sic), le portrait du Roy, dont Sa Majesté a honoré la ville de Marseille. Ravi d'avoir eu cette nouvelle occasion de contribuer au succès de vos désirs et de vous assurer des sentiments avec lesquels j'ay l'honneur d'être, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur*.

A Monsieur I0 Marquis de Marigny,

Monsieur,

Nous avons l'honneur de vous rendre très humbles grâces de la permission que vous avés bien voulu nous obtenir de faire graver par le sieur Balechou l'estampe du portrait du Roy, doat il a plu à Sa M^^^té d'honorer cette vrlle, nous alloias incessamr ment faire travailler à cette gravure pour perpétuer et multiplier une faveur si glorieuse.

Nous sommes avec respect, M^Hisieur, vos très bumbles et très obéissants serviteurs, les Échevins de Marseidle.

Remuzat, Ricaud,

Marseille, le 18 avril ^ySy*.

Couturier, Lafont.

MarseiUe, le 20 avifli (757.

A Monsieur BsUecbou,

NouiS av;0ft6 obtenu» Momisieur, delà Cour, la permission ér faire g^avear l'estampe du portrait du Roy, dont Sa Miafesté a daigné honorer cette ville, mais nous avons encore quelques fornudÂtâsr à. remplir pour Tauthorisation de la dépense. Cependa;(lt, vous pouvés préparer ce qui sera nécessaire pour cette gravure, aûa d'&tre ea état de l'entreprendre lorsque^ aprè» la^ formalité

I. Archives nationales^ O^ i909>.pl=- ir ^* 36. ~ Mûmt» non si«rnA». a. Archives nationales, Oi, 1909» pl. i. n* 35.

remplie, nous aurons obtenu Tauthorisation de la dépense, de quoy nous aurons souci de vous informer exactement. Nous sommes, etc. *

Avignon, le 22 avril 1757.

Messieurs,

Je vous remercie de Thonneur que vous me faittes de regarder mon burin comme propre à traduire le portrait du Roy, et que vous tenez de la bienveillance que S. M. accorde à votre ville. II me serait glorieux de faire servir mon talent à multiplier Teffigie de sa personne sacrée, la plus intéressante pour nous.

Lorsque la formalité encore nécessaire pour l'exécution de votre objet, messieurs, aura passé par vos délibérations, permettes, messieurs, de vous suplier de m'en faire marquer l'arrêté et connoître les arrangements que vous trouverez bon de prendre avec nous pour cette gravure, afin que mon émulation, bien loin de ralentir par l'incertitude des événements se ranimât au contraire par l'espérance d'une satisfaction réciproque. C'est à l'amour, Repectables Pères de la Patrie, que vous ressentes en votre particulier pour S. M. que la ville de Marseille et toute la France serait obligée de la multiplication d'un portrait si chéri, c'est à ce même amour que mon burin devrait l'immortalité et auquel je ne sçaurois trop témoigner les sentiments de reconnoissance avec lesquels je suis..., etc.

Signé : Balechou.

Il n'existe pas autre chose au registre des correspondances de la ville de Marseille, après les lettres ci-dessus, ce qui laisse à penser que la gravure ne fut pas faite. M. Mabilly, qui a bien voulu se livrer à cette recherche pour nous, n'a trouvé aucune trace du paiement dans le compte et dans les délibérations.

Ce qui importe le plus, c'est l'autorisation de faire graver à Balechou ce portrait de Louis XV, qui fut posé en grande cérémonie à l'hôtel de ville le 28 décembre lySô. Il n'y est plus actuellement.

Nous avons demandé ce que ce portrait était devenu à M. Ph.

I. Les Échevins sont Pierre-Joseph Remuzat, César Ricaud» Jean-André Couturier, Joseph-Antoine Lafont.

Nous devons cette lettre, ainsi que la suivante, extraites du registre des lettres écrites de 1751 à 1756, à l'obligeante communication de M. Ph. Mabilly, archiviste de la vUle de MarseiUe.

Auquier, conservateur du musée de Longchamp, Térudit historiographe de Pierre Puget à qui il a consacré non seulement deux excellents livres, mais dont il a réuni les œuvres, maquettes, terres cuites, marbres et moulages dans une salle spéciale. Nous avons reçu de lui la note suivante :

« Cet ouvrage n'est signalé dans aucun des Guides du XVIII* siècle qui notaient les peintures dont le Musée était orné avant la Révolution. Dans un mémoire qu'il présentait à ses collègues de la commission temporaire des arts au sujet des œuvres à sauvegarder, Achard n'en parle pas davantage.

« Toutefois, je dois appeler votre attention sur ceci que nous gardons au Musée, en magasin, car la peinture n'est pas des meilleures, une toile représentant un jeune homme à cheval, dont les inventaires disent de provenance inconnue, qui a été inventoriée par Tun de mes prédécesseurs, M. Bouillon-Landais, comme le portrait équestre de Louis XV et cataloguée plus tard par lui comme ceci :

« Carie van Loo. Portrait équestre. Le cavalier et le cheval sont vus de face : c'est, dit-on, le portrait d'un prince.

« Elle ne figure pas aux Catalogues du Musée publiés avant i852. »

L'estampe de la « Tempête » d'après Joseph Vernet.

Les deux lettres suivantes relatives à la Tempête ont une extrême importance, à cause de la qualité de graveur agréé à V Académie que prend Balechou le 2 février ijSj en s'adressant à M, de Marigny et des termes flatteurs de la réponse de celui-ci, ainsi que de l'éloge qu'il fait du portrait du Roy de Pologne .

Monsieur, Notre province admire les soins que vous prenés pour le progrès des talens. J'admire en mon particulier l'émulation que vous donnés à chaque artiste. Auprès d'un zèle comme le votre à obliger tout le monde, ne me seroit-il pas permis d'espérer que vous aurez la complaisance de jetter les yeux sur une nouvelle estampe de mon burin d'après M. Vernet, dédié à Monseigneur le duc de Chaulnes, et adressée à M. le vidame son fils avec une double

feuille, que je le supplie de vous faire parvenir ; faites tnoy la gracQ, Monsieur, de regarder ma démarche comme une marque du profon4 respect avec lequel j'ay Thonneur d'être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Graveur agréé à TAcadémie royale de peinture, de présent à Avigtion *.

D'Avignon, ce 2* février 1757.

A Versailles, le 16 février 1757.

Monsieur Balechou, J'ay à vous remercier, Monsieur, de votre attention d'avoir remis à M. le duc de Chaulnespourmoy, un double de l'estampe que vpus avés gravée d'après M. Vernet. Je connois la force, la délicatesse et la vérité de votre burin. Le Portrait du Roy de Pologne, électeur de Saxe, est un morceau qui fera votre éloge dans la postérité la plus reculée comme elle a fait l'admiration de tous les connoisseurs qui Tont veu au sortir de vos mains. Je verrai avec bien du plaisir votre nouvel ouvrage dès. que M. le duc de Chaulnes me l'aura remis. Je suis, Monsieur, votrq très humble et très obéissant serviteur.

Signé : le marquis de Marigny*.

Josetph Vernet écrivit à Balçchoy, a,u Qujet de. la gravure de la Tempête une lettre que le Mercure de France inséra au mois de juia 12S7 ; çUç çst ainsi çoqçye :

<^ Monsieur, cette estanxpe a rempli ipon attente, V03 reiçh/çrc^çs sont i^ïifiniçs^ et demanden^t yn examen et beaucoup de sçayoi;: pour en comprendre toute la beauté.

« Comme je yo,y^ 4\^, lorsqu,^ vous rp^^vQ^â^ç^, le^s preofii^re^. épreuves, ce que je désirois, je vous diroi avec la même sincérité que cela est cela, c'est-à-dire que je suiç ajCtuditement content au^dçlàdeinj.e^: désirs, c^tte ej^presôioa doit reiirfermer 1^ élogçs 1^. plus étendus que je» powrrois vous donner, je suis préaeate^ mient impatient que cette estampe soit répandue daps. Le ng^ondei pour votre glûiçe et pour la, mieane. n

t. Archives nationales, O * 1909, pi. i, n* a6.

L'estampe des « Baigneuses » d'après Joseph Verset.

Il nous paraît intéressant de reproduire Textrâit ci-âprës des Mémoires et Journal de Jean-Gdorges Wille, publiés par M. G. Duplêssis *.

Le 25 septembre 1762. — Écrit à M. Balechou à Avignon. Je lui fais compliment sur ses Baigneuses qu'il a gravées d'après M. Vernet. Je lui demande i5 ou 20 épreuves, et une avant la lettre, s'il est possible, et qu'il tire pour le paiement une lettre de change sur moi » (p. 207).

Wille a oublié de mentionner la réception d'une réponse de Balechou communiquée par M. de Montaiglon à l'éditeur de la correspondance :

Monsieur et cher confrère.

Vous êtes bien obligeant de me faire des éloges ; je comp^rends que je ne les dois qu'a votre complaisance, puisque je me i^ecohnois bien loin de les mériter.

L'estampe dont vous me demandez une douzaine d'épreuves a été faite d'après un tableau au ^^remier coup, et assez incorrect, ce que je ne dis qu'à vous, qui plein de connaissance autant que de talent, pouvez mieux que personne apercevoir les défauts pour lesquels je réclame votre indulgence.

Telle qu'elle peut être, je vous en ferây parvenir le notnbre que vous me demandez; je l'imprime actuellement, et lô^ épreuves, à ce qu'il me paraît, sont plus passables que celle que vous avez vue. A l'égard de fa sainte (Geneviève) je la regarde sans Ressource, du moins je n'ay pas encore cherché le moyen de redresser le cuivre, qui, se trouvant mince, par une chute sur Tangle du gril de fer qui sert à tamponner, se bossella tellement, qu'il me faudrait bien du soin pour gagner les défauts : joint à l'écorchure qui s'y fit en voulant la retenir lors de sa chute, il se trouve bien triaitraité.

Ma philosophie, accoutumée à des événements désagréables, ne s'en alarme plus, et va d'ailleurs son train. Voilà, monsieur et cher confrère, ce que je puis vous dire sûr cette estampe.

Page 1