‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 100 sur 135 · UNE LETTRE DE LORD KEITH · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE LORD KEITH

aniis. Sa Majesté se montrait beaucoup plus ferme et plus pressante en faveur de Jean-Jacques dans ses lettres que dans les arrêts officiels. Elle veut que la réimpression des ouvrages de Rousseau ait lieu, «. quelles que soient les remontrances des ministres et du Conseil d'État. » Lord Maréchal ne faisait que renchérir, et parfois donnant carrière à son humeur sceptique et railleuse, il s'amusait à décocher de Postdam quelques flèches aux persécuteurs de son ami. C'est ainsi qu'il écrivait :

« pai étudié rApocal)rpse; je ne trouve pas absolument clair que Jean- Jacques est Tantechrist ; il faut le croire sur la parole du sacrogorgon, confirmée par son compère le maréchal-ferrant. Voici cependant mes découvertes, que je soumets toujours au sacrogorgon. L*antechrist était à cheval sur une grande bête laquelle était assise sur sept montagnes. La bête est visiblement le colonel de Pury, les sept montagnes sont visiblement Meuron, Martinet, les quatre anciens et Dupeyrou. Je suis fâché de n'y pas trouver Chaillet, mais je ne veux pas faire des interprétations forcées. Bonsoir. »

Ce bon gouverneur avait l'esprit changeant et craignait par-dessus to.ut les ennuis. De même qu'il avait quitté Neuchâtel pour les fuir, il engageait Rousseau à le rejoindre, ce qui indignait les adversaires de la Classe, qui ne voulaient à

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