‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 109 sur 135 · LETTRE DE M. MARTINET · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. MARTINET

Martinet crut devoir s'en plaindre au pasteur lui-même et en faire un rapport au Conseil d'État.

Ces pièces jettent un jour si vif sur cette lamentable histoire, que je ne puis mieux faire que de les reproduire, malgré leur longueur. Aucun récit ne les pourrait suppléer. Voici d'abord la lettre du châtelain ^ :

« Je ne dois pas vous dissimuler que le sermon, aussi bien que le catéchisme que vous fîtes dimanche dernier m'ont paru à plusieurs égards si opposés aux engagements que vous avez pris en mai dernier entre les mains de M. le châtelain dU Landeron, que je n'ai pu qu'en être infiniment surpris. Aussi, monsieur, veux-je aujourd'hui en témoigner mon étonnement, qui même devient extrême, à mesure que j'apprends, par un bruit qui se répand dans ce lieu, que vous vous proposez de faire un sermon dans lequel vous voulez prendre congé de votre troupeau, ce qui ne pourrait de moins que d'augmenter la fermentation et l'aigreur de certains esprits, et les exciter à de nouveaux désordres à l'égard de M. Rousseau, qui est cependant sous la protection de S. M., et par cela même sous celle du gouvernement, désordres qui n'avaient point eu lieu avant le mois de mai ; sous quel prétexte donc en veut-on à M. Rousseau? Son affaire n'a-t-elle pas été terminée aux fêtes de Pentecôte, par une délibération du consistoire, passée à la pluralité des suf&ages et dans un

> Châtelain, premier magistrat du district, à la fois administrateur et chef de la justice.

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