‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 110 sur 135 · RÉPONSE DE M. DE MOKTMOLLIN · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. DE MOKTMOLLIN

jour solennel? Si vous pesez, monsieur, ces considérations et diverses aunres qui se présentent naturellement et méritent toutes une très sérieuse attention de votre part, ce que je viens de vous représenter vous engagera sans doute à ne rien dire publiquement ou en particulier qui ait quelque analogie, soit directe soit indirecte, avec le cas de M. Rousseau. Le gouvernement, à qui je ne puis me dispenser de faire mon rapport de ce qui est arrivé, de même que des enquêtes que je vais ouvrir dès aujourd'hui pour découvrir les auteurs des menaces et voies de ùàt commises à l'occasion de M. Rousseau, aura certainement les yeux ouverts sur tout ce qui sera arrivé, afin d*y pourvoir suivant sa sagesse ordinaire et l'autorité qu'il a en main. »

Lisons maintenant la réponse très-aigre de monsieur le pasteur :

« Monsieur,

» Il est assurément bien âcheux pour moi que tout ce que je puis dire ou faire soit mal interprété et ce n'est pas dès à présent que je m'en aperçois, mais j'ai par devers moi le témoignage de ma conscience qui me tranquillise, et je ne sache pas que j'aie rien à me reprocher sur ce qui fait les divers objets de la lettre que vous m'avez adressée. Je vous avoue que je suis à ignorer encore ce qui aura pu vous faire peine dans mon sermon et dans mon catéchisme de dimanche. Je n'ai rien dit que je n'aie dit en vingt occasions, il y a six, dix, quinze, vingt ans, et si l'on croit que j'aie en vue ou celui-ci ou celui-là l'on me fait certainement bien tort. Je dois connaître les règles du zèle, de la prudence et de la charité, et je sais aussi les pratiquer comme je l'ai fait dernièrement dans ma réponse à la lettre calomnieuse de Goa, mais enfin je suis obligé de prêcher

Page 1