‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 114 sur 135 · VERSION POPULAIRE · texte numérisé non relu

VERSION POPULAIRE

ne sachant comment s'y prendre pour quitter Motiers, où elle s'ennuyait, elle n'avait rien trouvé de mieux que de tromper Rousseau et d'arranger cette mise en scène de cailloux avec les petites filles du voisinage. Cette version s'établit de bonne heure et obtint un crédit universel. Elle arrangeait tout. Rousseau avait été cette fois, comme en mainte occasion, dupe de lui-même et des artifices de sa gouvernante. Celle-ci était le « pelé, le galeux, d'où venait tout le mal. » L'odieuse persécution se changeait en une simple plaisanterie rustique. M. de Montmollin et ses partisans étaient des agneaux, et le goirvemement lui-même sortait d'une méchante affaire, sinon avec éclat, du moins sans la honte d'une défaite. L'histoire se fait de conventions bien plus que de réalités. D y a des gens qui, après *avoir inventé le matin quelque roman, le débitent le soir pour un fait certain dont ils ont été les témoins. Je suis persuadé que les gens de Motiers auraient juré leurs grands dieux, trois mois après, que les choses s'étaient passées comme l'a raconté cette Catherine Mecsner dont M. Gaberel a reproduit le témoignage. Chacun y trouvait son compte, Rousseau lui-

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