‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 113 sur 135 · RÉCIT DE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

RÉCIT DE ROUSSEAU

et délibérer sur ce que nous avions à faire, car sortir pour appeler du secours était le moyen de nous faire assomnler. Heureusement la servante d'un vieux bonhomme qui logeait au-dessous de moi se leva au bruit et courut appeler M. le châtelain, dont nous étions porte à porte. Il saute de son lit, prend sa robe de chambre à la hâte et vient à Tinstant avec la garde, qui, â cause de la foire, faisait la ronde cette nuit-là, et se trouva tout à portée. Le châtdain vit le dégât avec un tel ef&oi qu'il en pâlît, et à la vue â^s cailloux dont la galerie était pleine, il s'écria : « Mon Dieu I c'est une carrière i » En visitant le bas, on trouva que la porte d'une petite cour avait été forcée et qu'on avait tenté de pénétrer dans la maison par la galerie....

» Le lendemain, le colonel de Pury, le procureur-général Meuron, le châtelain Martinet, le receveur Guyenet, le trésorier d'Yvemois et son père, en un mot, tout ce qu'il y avait de gens distingués dans le pays, vinrent ifte voir, et réunir leurs sollicitations pour m'engager â céder â l'orage et à sortir, au moins pour un temps, d'une paroisse où je ne pouvais plus vivre en sûreté, ni avec honneur. »

Une relation si précise ne semble permettre ni objection, ni doute. On Ta contestée cependant. Il y a même à ce sujet une espèce de tradition. Rousseau a été la victime d'une comédie assez médiocre, transformée ensuite par son imagination en une lapidation en règle, et à laquelle rien n'a manqué, qu'un peu de hasard, pour réussir. Thérèse était l'âme du complot;

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