BON ACCUEIL FAIT A ROUSSEAU
Motîers et pour le déterminer à y finir ses jours, il ne lui manquait qu'une existence assurée. Bien accueilli par le gouverneur et par les autorités civiles, il ne l'est pas moins de tous les habitants
csision de parcourir quelques Tolumes de notre vieux Mercure, Décidément les revues de ce temps-là étaient moins pâteuses que les nôtres, les articles moins longs et plus variés : la philosophie, les logogriphes, les sermons, les remèdes contre la rage, les contes anacréontiques y alternent dans un aimable désordre. La critique m'y parait aussi très-sensée et très-impartiale. Les nombreux articles relatifs aux ouvrages de Rousseau ne sont pas ineptes du tout et sont en général d'une parfaite convenance. Le mot le plus dur à son sujet se trouve dans le petit cahier des nouvelles du mois (la chronique, comme nous dirions), en juin 1762. On y corrige, il est vrai, le jugement sévère que Ton porte sur son livre en faisant réloge de sa personne. Voici le passage, il est relatif à Tarrèt du Parlement contre VÉmiU, « M. Rousseau, condamnable au » delà de ce qu'on peut dire, pour avoir composé ce livre et y avoir » mis son nom, est cependant plaint de tout le monde, tant » à cause de la supériorité de ses talents, qui sont au plus haut » point de célébrité, que de l'excellence de ses mœyrs et de la » vie régulière et exemplaire qu'il a toujours menée. » Ne dirait-on pas plutôt le contraire aujourd'hui? Ce sont les ouvrages qui font oublier et excuser les fautes d'orthographe dont la vie de l'écrivain est malheureusement trop parsemée. Rousseau dit à Moultou (16 juillet 1762) : « Ce réquisitoire me poursuit partout; on vient encore de l'imprimer dans le Mercure de Neuchâtel. » Et la même année, il adresse une réclamation au directeur du journal. Vous trouverez sa lettre dans la correspondance imprimée : elle n'a ni date ni adresse : elle est au milieu des lettres écrites en novembre 1762, mais elle doit être antérieure à cette date.
» Néanmoins, les inepties dont parle Jean-Jacques doivent être plutôt les articles de fond que l'on trouve dans plusieurs des numéros suivants. Je vois par exemple en octobre 1762 un Essai sur la vérité de la religion révélée où la doctrine du vicaire savoyard est critiquée, puis en novembre de la même année, la reproduction d'un article sur V Emile inséré daais^z Bibliothèque des sciences. En 1765,