‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 26 sur 135 · LES ARTICLES DU MERCURE · texte numérisé non relu

LES ARTICLES DU MERCURE

un autre ciel, d'autres hommes, et ne voyant plus mes montagnons avec des yeux de vingt ans, je les trouve beaucoup vieillis. On regrette le bon temps d'autrefois; je le crois bien : nous attribuons aux choses tout le changement qui s'est fait en nous; et lorsque le plaisir nous quitte, nous croyons qu'il n'est pkis nulle part. D'autres voient les choses comme nous les avons vues et les verront comme nous les voyons îmJQurd'hui...

» Il faudrait savoir comment était a^ecté l'auteur d'un voyage en l'écrivant pour juger de combien ses peintures sont en-deçà ou au-delà du vrai. Sur ce principe, ne vous étonnez pas de voir devenir aride et froid, sous ma plume, un pays jadis si verdoyant, si vivant, si riant à mon gré. »

En réalité, dans ce moment-là, Jean-Jacques n'avait à se plaindre de rif^n, ni de personne au Val de Travers. Je m^eh rapporte à lui-même, malgré les efforts qu'il accuse la Classe ' d'avoir faits pour exciter le Conseil. d'État et le peuple contre lui et ses livres, malgré les articles du Mercure remplis « d'inepties et du plus plat cafardage qui, tout en faisant rire les gens sensés, ne laissaient pas d'échauffer le peuple et de l'animer contre lui 2, » il se trouvait bien à

' Compagnie des pasteurs.

' Afin de vérifier ces assertions de Rousseau et n'ayant pas sous la main la collection du Mercure, je me suis adressé à notre savant compatriote, M. Félix Bovet, et voici la réponse qu'il a bien voulu me faire :

« Vous m'avez procuré un grand plaisir en me fournissant l'oc-

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