‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 31 sur 135 · M. DELESSERT · texte numérisé non relu

M. DELESSERT

mérite, par sa franchise, ses bonnes mœurs et la candeur de son caractère, l'estime de tous ceux qui le connaissent ; incapable de toutes les agréables manières qui portent aujourd'hui le titre d'aimables dans la société, il est homme et en veut remplir les devoirs. Je pense avec plaisir que vous en feriez cas s'il avait l'avantage d'être connu de vous. »

Dans cette lettre, datée de Vichy, en Bourbonnais, le 4 mai 1766, M"* Boy de la Tour prévoyait que « la conclusion de cette importante affaire » serait retardée à cause de l'état de langueur de sa chère maman. Mais ses prévisions à cet égard furent, paraît-il, heureusement trompées, car cinq ans après elle s'adressait à son vieil ami pour qu'il l'aidât à amuser la vivacité de sa fille et à exercer son attention sur des objets agréables et variés. C'est à cette occasion que Rousseau écrivit en 1771, 1772, 1773, ses huit lettres élémentaires sur la botanique '.

' Vers 1785,^. Delessert vint s'établir à Paris, où il fit une grande fortune, beaucoup augmentée encore par ses fils Benjamin, François et Gabriel, tous trois hommes distingués et qui ont laissé d'honorables souvenirs. M. François, mort le dernier, en 1868, "avait épousé sa nièce, la fille précisément de cette petite chez qui Rousseau avait voulu provoquer le goût de l'étude et de l'histoire naturelle. Je ne sais si les Lettres sur la botanique eurent sur l'esprit de la jeune écolière le résultat que M™® Delessert en espérait. En tous cas elles ne furent pas perdues ; à défaut de la sœur le frère en profita, et c'est ainsi que la ville de Genève peut faire remonter à son enfant persécuté les belles collections de coquillages et de plantes qu'elle vient de recevoir de la famille Delessert. M. Ben-

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