IIO LE BARON DE SAUTTERN
ai aimé dans votre maison, dans votre cabinet, (lans votre robe de chambre, et il m'est permis à présent de dire que je vous aimerai toujours, etc.... »
Rousseau, de son côté, apprécia Moultou. Il dit dans ses Confessions en parlant de ses visiteurs :
« Le seul qui me fit plaisir fut Moultou qui vint passer trois ou quatre jours avec moi, et que j'y aurais bien voulu retenir davantage. »
Une autre visite eut le privilège de plaire à Rousseau et de toucher son cœur. Ce fut celle d'un Hongrois nommé Sauttersheim et qui se faisait appeler le baron de Sauttem. Le bon et naïf Jean-Jacques se laissa prendre aux manières agréables, à Tair doux, sérieux et surtout aux protestations de vertu de ce jeune homme; au fond, ce n'était qu'un aventurier, d'inclinations assez basses et de mœurs grossières, comme la suite le prouva trop bien. On ne comprend pas ce qui l'avait attiré à Motiers, et les motifs de la comédie qu'il joua auprès du philosophe pendant plusieurs mois. Rousseau l'aima même après avoir reconnu combien il avait été trompé; lorsqu'il apprit sa mort en 1778, toute son affection se réveilla; il se souvint avec attendrissement de leurs voyages pédestres, de leurs herborisations,