DANIEL DE PURY. I
le pardon de son père; un maître de danse lui reproche d'avoir parlé trop légèrement de cet art sérieux. Enfin plusieurs, acceptant les doctrines et les principes du philosophe, sollicitent des explications et des preuves, tandis que d'autres, touchés de ses erreurs, le veulent convertir et lui envoient de volumineuses dissertations, irré*sistibles sans aucun doute. On se fera une idée du nombre de ces zélés convertisseurs par la réponse que Rousseau adresse à l'un deux :
« J'ai actuellement, lui écrit-il, vingt-trois autres réfutations qui m'ont été adressées avant la vôtre,...* quand votre tour sera venu, je vous dirai volontiers, puisque vous le désirez, mon sentiment sur votre écrit '.
Parmi ces correspondants et contradicteurs bienveillants il en est un qui mérite une mention particulière. Lorsque Jean-Jacques commença à fréquenter Mon-Lesi, il y rencontra souvent un respectable vieillard, oncle du colonel, M. Daniel de Pury, docteur ès-lois et ancien officier au service de France. Cet excellent homme avait alors 73 ans. Fermement attaché à la religion chrétienne, il voyait avec douleur les attaques
' Lettre à M. Bitaubé, ministre, à Berlin, 3 mars 1762.