‹ J.-J. Rouseau au Val de Travers, 1762-1765Chapitre 72 sur 135 · SÉJOUR A BROT · texte numérisé non relu

SÉJOUR A BROT

ténacité, son ton n'était jamais tranchant, et je me souviens que sur Thistoire de France, deux ou trois fois le colonel Pury le releva avec dureté, et que Rousseau baissa la tête et ne répondit rien. On peut juger par là combien il était bon convive. »

Ces épisodes heureux, semblables en quelque sorte aux intermèdes de musique ou de danse que Ton plaçait autrefois entre les actes d'une tragédie, Rousseau, je l'ai dit, ne les a point rappelés dans les Confessions, La mémoire ne lui en est revenue que plus tard, en parcourant les Alpes du Dauphiné ou dans ses rêveries de la rue de la Plâtrière.

Dans une lettre qu'il écrivait à Dupeyrou , de Monquin, le 16 septembre 1769, on lit ces lignes, qui confirment bien, dans son caractère essentiel, le récit de d'Escherny :

« Vous aviez grande raison, mon cher hôte, d'attendre la relation de mon herborisation de Pila, car parmi les plaisirs de la faire, je comptais pour beaucoup celui de vous la décrire; mais les premiers ayant manqué, me laissent peu de quoi fournir à Tautre. Je partis à pied avec trois messieurs, dont un médecin, qui faisaient semblant d'aimer la botanique, et qui, désirant me cajoler, je ne sais pourquoi, s'imaginèrent qu'il n'y avait rien de mieux pour cela que de me faire bien des façons : jugez comme cela s'assortit, non-seulement avec mon humeur, mais avec l'aisance et la gaieté des voyages pédestres. Ils m'ont trouvé très

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