REFUS D UN ASILE A COUVET
était éloigné d'approuver la conduite de son collègue de Motiers. Voici de quelle manière il adressait et recommandait à Jean-Jacques un M. Bugnon, natif de Lausanne et ministre de l'église helvétique à Londres :
« Ce ne sera pas un petit relief pour lui de pouvoir dire je rai vu; fallut-il pour cela passer deux montagnes au lieu d'une, je suis sûr qu'il n'en regretterait point la peine. Je suis sûr aussi, monsieur, que vous y trouverez votre compte et que vous gagnerez pour le moins autant à connaître M. Bugnon que si c'était une nouvelle plante de botanique. Son caractère d'homme d'église ne le rend ni persécuteur, ni bigot, bien loin de là; vous pouvez en juger sur V étiquette, en ce qu'il est très digne collègue de M. Roustan et qu'il entretient des liaisons très intimes d'amitié avec mon pauvre frère le défroqué, dont l'histoire ne vous est pas inconnue. »
Ce frère défroqué était Ferdinand -Olivier, l'apôtre de la non-éternité des peines. Obligé de renoncer à cette doctrine ou de quitter sa paroisse et son pays, il passa en Angleterre et se voua avec succès à l'enseignement, puis revint à Neuchâtel où il composa un ouvrage intitulé Le plan de DieUy « afin, dit-il, de finir ma carrière comme je l'ai commencée, en maintenant la parole de Dieu. » Le quatrième frère, littérateur et prédicateur remarquable, traduisit la