MADAME DE LUXEMBOURG
sions tombent; il est vaincu par la grâce affable, exquise de M"* de Luxembourg. Des réparations à faire dans sa petite maison de Mont-Louis lui donnent l'occasion de s'installer dans une dépendance du château de ses opulents voisins. Une intimité des plus douces s'établit entr^eux, et, d'après son récit même, en dépit de mainte incartade de son humeur farouehe, « de ses lourds spropositi, » et de mainte balourdise dont il s'accuse, M. de Luxembourg lui témoigne une affection réelle, madame a pour lui les plus grands égards, et ne se fâche de rien. Le seul malaise qu'il éprouve auprès d'elle vient de timidité et d'amour-propre. H sait qu'elle est difficile en conversations, qu'elle a droit de l'être, et il craint de fournir des sujets d'épigranmies. Pour échapper à l'embarras de parler, il propose délire la Julie, alors dans sa primeur et encore inédite. M"* la maréchale accepte. Tous les matins Rousseau se rend chez elle, et M. de Luxembourg y vient. Le succès de cet expédient passe toute attente. M™® de Luxembourg s'engoue de Julie et de son auteur; elle ne s'occupe, elle ne parle que de lui ; elle lui dit des douceurs, elle l'embrasse dix fois le jour. Après Julie, pour sou-