MADAME DE LUXEMBOURG. I
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1er que de vive voix. Des mots inquiétants drcu-
lent et reviennent à Rousseau. On lui rapporte
qu'un conseiller au Parlement avait dit : « Voilà
un fort beau livre^ mais dont il sera parlé dans
peu plus qu'il ne serait à désirer pour l'auteur. »
H n'en est pas troublé et ne fait qu'en rire. Ne
publiait*-on pas tous les jours, sans la moindre
difficulté, au su et au vu des magistrats, avec
l'estampille royale, des volumes où le scepticisme
ne se bornait certes pas à un doute respectueux
de la révélation et à une démonstration rationelle
de l'existence de Dieu ? N'est-il pas certain de la
beauté, de l'utilité de son ouvrage, certain d'être
en règle à tous égards, certain du crédit de
M"^ de Luxembourg et de l'appui du ministère ?
Jamais écrivain, en effet, n'avait pris tant de
précautions et n'a pu se croire mieux à l'abri de
toute poursuite que Rousseau en cette affaire.
Ses relations avec M. et M°* de Luxembourg duraient depuis deux ans. Longtemps il avait repoussé leurs avances, effrayé de la diflFérence des rangs et peut-être plus encore de la réputation de M"** de Luxembourg, qui passait dans le monde pour méchante. Mais le maréchal vînt le voir; il lui rend sa visite «t toutes sfes appréhen-