‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 10 sur 132 · MADAME DE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

MADAME DE LUXEMBOURG

tenir ce rôle agréable, Jean-Jacques offre Y Emile. Mais cela ne réussit pas si bien, soit que la matière fût moins du goût de M""^ de Luxembourg, soit que tant de lecture l'ennuyât à la fin. Cependant elle veut se charger de la publication de cet ouvrage. Rousseau, suivant elle, se laisse duper par ses libraires; elle lui promet de défendre mieux ses intérêts. De semblables propositions ne se refusent pas, surtout de pauvre écrivain à princesse illustre. Rousseau consent avec la condition formelle que le livre ne s'imprimera pas en France. Il avait, semble-t-il, un pressentiment de ce qui allait arriver. Mais les nobles dames — et même les autres — ne se laissent pas aisément détourner de leur vues. M™^ de Luxembourg s'adresse à M. de Malesherbes et obtient son assentiment. Ce magistrat, chargé de la librairie, écrit à Rousseau, et, comme l'impression d'un livre, approuvée par lui, était, par cela seul, légitime, Rousseau n'a plus aucune objection à faire. Bien rassuré, il signe de confiance le traité que M""^ de Luxembourg avait négocié avec un libraire de Paris, nommé Duchesne ^ La publi-

ï Par cet acte VÉmile devait être payé 6000 livres, dont moitié comptant.

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