‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 108 sur 132 · RECIT OFFICIEL · texte numérisé non relu

RECIT OFFICIEL

nouvelles violences contre la maison de M. Rousseau;... on l'assaillit à coups de pierres ; une de ces pierres, de la pesanteur d'environ trois à quatre livres, était proche de la chambre de M. Rousseau, et la galerie attenante à la maison en était remplie d'une manière à faire frémir, ainsi que je l'ai déclaré en tête des enquêtes que je fis le lendemain Éveillé comme je le fus par les cris que j'entendis à la rue, je courus sur-le-champ chez M. Rousseau, que je trouvai de même que sa gouvernante dans un état de frayeur inexprimable, et c'est aussi ce qui m'engagea pour les mettre en sûreté à mettre des gardes devant Sa maison pendant le reste de la nuit; le lendemain j'ouvris comme je l'ai dit de nouvelles enquêtes que le Conseil m'a ordonné de laisser dormir, etc. »

Remarquons ce dernier trait. L'irritation devait être grande et la position difficile, puisque le Conseil d'État, si haut et si fier quelques jours auparavant, crut sage de baisser le ton et de fermer un peu les yeux.

Rousseau s'éloigna dès le lendemain; néanmoins, ce jour-là, un dimanche, de nouveaux désordres occupèrent M. le châtelain. Après le drame, le vaudeville. Sur la principale fontaine du village, vers sept heures du matin, on aperçut perchée une figure grotesque de Polichinelle qui tenait en main un papier écrit et en portait un autre dans sa gibecière. Le premier de ces papiers contenait ces mots : « Je vous prie de

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