‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 114 sur 132 · MŒURS DU BON VIEUX TEMPS · texte numérisé non relu

MŒURS DU BON VIEUX TEMPS

mollin était peut-être, à beaucoup d'égards, un homme modéré. Les habitants de Motiers pour la plupart étaient sans doute d'excellentes gens; mais imprégnés de la rudesse de leur temps et sous l'empire d'une excitation longuement préparée ils se laissèrent emporter à des excès regrettables, tristes restes de la grossièreté et de la dureté des périodes précédentes. M. Guillaume rappelle qu'il existait encore en 1765 des confréries de garçons qui étaient une cause perpétuelle de désordres et parfois de luttes sanglantes entre des villages voisins. Les membres de ces sociétés se faisaient une espèce de devoir de rançonner tout habitant d'une autre localité qui venait prendre femme dans la leur et de jouer de mauvais tours à ceux qui avaient encouru leur disgrâce. Les mésaventures que la crédulité attribuait aux Nitons, ou démons familiers, avaient toutes pour auteurs les garnements du village.

« Voler dans les cheminées les saucisses ou les jambons pour aller faire bombance dans le cabaret voisin, faire sortir le bétail des étables pendant la nuit et le conduire dans des endroits écartés, démonter les chariots du paysan et aller les remonter sur le faîte d'un toit, tirer à poudre sur les passants attardés et les asperger de sang pour leur faire croire qu'ils étaient blessés, etc., tels étaient les

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