‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 113 sur 132 · CIRCONSTANCES ATTENUANTES · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES ATTENUANTES

contenter les opinions préconçues et de satisfaire les partis-pris. Mais qu'y faire ? Les hommes ne sont pas parfaits. Il faut toujours s'attendre à rencontrer chez les meilleurs beaucoup de faiblesses et de bons sentiments, même des vertus dans le cœur des plus mauvais; on ne doit pas non plus les juger sans se reporter à leur époque, au milieu dans lequel ils ont vécu, aux influences multiples qui ont pesé sur leurs résolutions. Nous ne pouvons certainement absoudre nos compatriotes de Genève et nos compatriotes de Neuchâtel de leur acharnement contre un citoyen paisible, dont le seul crime était de ne pas penser comme eux en de certaines matières difficiles, et de le dire avec franchise. Mais on peut plaider les circonstances atténuantes, comme l'a très-bien observé M. le D"" Guillaume dans la publication que j'ai déjà rappelée. On ne connaissait au xviii^ siècle, ni la douceur des mœurs, ni la tolérance des opinions dont nous jouissons. On croyait, même des gens éclairés, même des ecclésiastiques, que pour maintenir la foi, et garantir la société, il fallait réduire au silence tous les hardis penseurs qui se permettaient les moindres objections. M. de Mont-

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