‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 121 sur 132 · SEJOUR A BIENNE · texte numérisé non relu

SEJOUR A BIENNE

quitter la ville sans se retrouver sur le sol bernois qui lui est interdit.

Soit charité et bonté d'âme, soit afin de mieux assurer les ordres de ses maîtres et d'éloigner plus sûrement celui dont ils ne peuvent supporter la présence, le bailli de Nidau arrive comme un dieu sauveur, et donne au fugitif un passe-port qui lui permettra au moins de gagner la frontière helvétique sans encombre.

Sur les dernières heures que Rousseau passa dans cette Suisse, si fière aujourd'hui de son nom et qu'il ne devait plus revoir, nous avons la relation d'un témoin qui par occasion, ou peut-être venu à Bienne dans ce dessein, représentait en ce moment les Neuchâtelois, qui n'oubUaient point leur ancien hôte, on va le voir. Ce témoin, un M.Perregaux, beau-frère du procureurgénéral Meuron, écrivit à celui-ci le i" novembre 1765 la lettre suivante :

« Samedi dernier 27 octobre, je me promenai par occasion et pendant une bonne demi-heure avec M. Rousseau, qui soupa à la Croix-blanche ; dimanche de grand matin, il prit chambre chez un nommé Mazel, perruquier, bourgeois de cette ville, se proposant d'y passer cet hiver prochain. Mardi 30, je reçois votre gracieuse lettre à 9 h. du matin ; je m'habille avec empressement et je me rends chez

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