‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 124 sur 132 · SÉJOUR A STRASBOURG · texte numérisé non relu

SÉJOUR A STRASBOURG

colonel Pury d'une manière trop générale pour être juste :

« Je commence à sentir que je suis hors de la Suisse par les prévenances et honnêtetés de tout le monde. »

Il est obligé d'ajouter :

« Votre ami M. Fischer a beaucoup contribué à cette heureuse disposition; je lui ai vraiment d'essentielles obligations et j'aime à croire que je les tiens en partie de votre recommandation. » *

Je m'arrête à ce témoignage et je quitte ici le voyageur, non toutefois sans regrets. On ne s'occupe pas d'un si grand esprit, on ne vit pas, en quelque sorte, avec un tel homme sans s'y attacher fortement et sans l'aimer comme le pêcheur aime la mer mobile et profonde. Volontiers l'aurais-je accompagné d'étape en étape jusqu'à ce riant et champêtre Ermenonville où il trouva le grand, le seul repos d'ici-bas, le repos de la tombe, non pas qu'il l'ait arraché d'une main violente à la nature qui le lui refusait; la mort l'attendait là et elle le surprit, elle le frappa d'un de ses coups les plus ordinaires et les plus doux, bien que leur soudaineté étonne toujours. Mais que parlé-je de repos ? Le tombeau du phi-

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