‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 17 sur 132 · CONDAMNATION DE L EMILE · texte numérisé non relu

CONDAMNATION DE L EMILE

trer et qui serait superflu s'il vous eût rendu ma réponse, mais le meilleur et Je plus aimable des hommes n'en fut pas toujours le plus courageux. «

Tout cela, je l'avoue, ne prouve ni une embûche préméditée, ni un complot longuement formé pour perdre l'innocent Jean-Jacques, et moins encore la participation qu'y aurait prise M"'^ de Luxembourg. On peut croire au contraire qu'elle a sincèrement désiré et voulu être utile à Rousseau. Lors même qu'un peu de vanité féminine et de cette démangeaison de protéger, de diriger, d'agir, assez commune chez les dames oisives du grand monde, serait entré dans ce dessein, encore faudrait-il lui en savoir gré. Ce qui confond et ne s'explique pas, c'est le résultat de cette bonne volonté. On ne conçoit pas que la femme d'un maréchal de France, aidée de tout le crédit de son mari, appuyée par un prince du sang, soit impuissante à défendre un livre qu'elle-même publie et un auteur qu'elle aime. Rousseau cherche en vain à éclaircir ce mystère. Il va d'induction en induction, entasse hypothèse sur hypothèse, et, en somme, ne démontre rien. Il n'y a d'évident que le désarroi de M"'^ de Luxembourg et la condamnation de V Emile.

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