‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 29 sur 132 · DESCRIPTION DU VAL DE TRAVERS · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU VAL DE TRAVERS

N'oublions pas que Jean-Jacques écrivait ces lettres l'hiver, au mois de janvier. Mauvaise saison pour un homme déjà trop disposé à prendre les choses du mauvais côté : mauvaise surtout pour un admirateur de la nature, enfermé dans une chambre obscure et tris;e et qui, cinq mois auparavant, déclarait à M™'' de BoufHers qu'il mourrait de tristesse s'il cessait de voir des prés, des buissons, des arbres devant sa fenêtre ^, car, fait singulier et qui ne s'expUque pas, de toutes les pièces de la maison qu'occupait Rousseau, si la tradition à cet égard ne se trompe pas, celle qu'il avait choisie ne prenait de jour que sur une cour étroite et bornée. Point d'horizon, point de vue sur les champs ou sur le village. C'était peutêtre la seule chambre du vallon qui existât et qui existe encore dans de pareilles conditions.

Rousseau lui-même sentait cette situation; il commence par mettre en garde son correspondant contre l'injustice de ses impressions. Il penche vers le déclin des ans, il est souffrant, et il ne retrouve rien en ce pays de ce qui l'avait charmé dans sa jeunesse :

« Tout est change ; c'est un autre paysage, un autre air,

' Lettre, août 1762.

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