DESCRIPTION DU VAL DE TRAVERS. 5I
Et encore celui-ci :
« Quel intérêt puis-je prendre à ce que je retrouve si loin de vous? )>
Après cela, ne nous plaignons pas. Une critique vaut un conseil. C'est peut-être aux remarques de Jean-Jacques que nous devons de ne plus voir, — si jamais on l'a vu, — « des paysannes faire les foins en falbalas de mousseline et des femmes courir la poste en toilette de bal. » Je ne sais pas s'il nous trouverait encore « bien remuants pour des gens sages, bien prétentieux pour des gens d'esprit, bien vains pour des bourgeois et si entêtés de notre naissance. » En tous cas, même à ses yeux, le bien se mêle au mal, et si nous avons les vices de nos vertus, il nous reconnaît aussi les qualités de nos défauts.
N'y a-t-il pas autant d'éloge que de blâme dans ce passage, d'ailleurs pris sur nature et si vrai encore qu'on le croirait écrit d'hier :
« Il y a quelque temps qu'en me promenant je m'arrêtai devant une maison où des filles faisaient de la dentelle; la mère berçait un petit enfant et je la regardais faire, quand je vis sortir de la cabane un gros paysan qui, m'abordant d'un air aisé, me dit : « Vous voyez qu'on ne suit pas » trop bien vos préceptes, mais nos femmes tiennent au- » tant aux vieux préjugés qu'elles aiment les nouvelles )) modes. «