ACCUEIL FAIT A THERESE
telois. A peine est-il installé que tous s'empressent d'aller au-devant de lui et cherchent l'occasion de lui être agréable. On le comble d'attentions et de respects; on fait plus, on reporte à sa gouvernante, Thérèse Levasseur, les mêmes égards, la même considération. OubHant sa position équivoque, et son mérite trop contestable, chacun veut ne voir en elle que la femme d'un grand homme; lui seul affecte de la traiter plutôt en servante que comme sa compagne. Nous serions sur ce point moins indulgents, et nous ne verrions pas, je crois, les hommes et les femmes les plus irréprochables, des mères de famille vertueuses, des jeunes filles intelligentes et pures se répandre en protestations d'amitié et d'estime pour une Thérèse Levasseur ? Est-ce un progrès ? Oui, sans doute, si nos mœurs valent mieux que celles du siècle de Louis XV, — mais je ne voudrais pas m'en porter garant.
En général, l'humeur chagrine et le ton bourru ne sont point, comme il semble que cela devrait être, des conditions de solitude et d'abandon. Au contraire. Pour peu qu'il s'y joigne l'éclat de la réputation, ou l'autorité de la richesse, ils excitent la curiosité et provoquent la bienveillance.