‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 52 sur 132 · I20 MADAME LATOUR-FRANQUEVILLE · texte numérisé non relu

I20 MADAME LATOUR-FRANQUEVILLE

et, comme M"'^ de Verdelin, M'"^ Latour dut contraindre son amitié à se taire. Il est vrai que cette amitié, toujours un peu despote, prétendait imposer ses caprices plutôt que d'accepter avec indulgence ceux de Rousseau, malade et tourmenté. Elle énumère et classe ainsi les lettres de Rousseau, au nombre de cinquante-cinq :

« De ces cinquante-cinq, il y en a trente-quatre, ditelle, où vous êtes à mes pieds; six où vous me mettez sous les vôtres, neuf où vous me traitez en simple connaissance et six où vous vous livrez aux épanchements de la plus intime amitié. »

C'était piquant et spirituel, mais Rousseau en

fut blessé, et dès lors il n'écrit plus que trois

fois, d'un ton triste qui aboutit à ce douloureux

et solennel adieu :

« J'ai eu l'honneur, madame, de vous voir hier pour la troisième fois de ma vie; j'ai réfléchi sur l'entretien où vous m'avez engagé, et sur les choses que vous m'y avez dites ; le résultat de ces réflexions est de me confirmer pleinement dans la résolution dont je vous ai fait part ci-devant, et à laquelle vous devez, selon moi, de ne plus porter d'obstacle, à moins que vous n'ayez pour cela des raisons particulières que je ne sais pas, et auxquelles, par cette raison, je suis dispensé de céder. » (Ce mercredi 24 juin 1772.)

Ce n'est pas seulement par tempérament et caractère que Rousseau mêle dans ses lettres, et

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