CONSTITUTION DE LA CORSE. I
lation pour la Corse. A cette invitation, Rousseau répond aussitôt (22 septembre 1764) :
« Il est superflu, monsieur, de chercher à exciter mon zèle pour l'entreprise que vous me proposez, La seule idée m'élève l'âme et me transporte. Je croirais le reste de mes jours bien noblement, bien vertueusement, bien heureusement employés; je croirais même avoir bien racheté l'inutilité des autres, si je pouvais rendre ce triste reste bon en quelque chose à vos compatriotes. Si je, etc., etc — Mais le zèle ne donne pas les moyens.... »
Rousseau voit bien, en effet, du premier coup d*œil, la difficulté et les obstacles d'un semblable travail; son cœur bout, sa tête fermente, mais son jugement demeure sain et froid. Dans un mémoire précis, net, bref, il indique les documents dont il a besoin, les renseignements qui lui sont nécessaires; il songe à s'entourer d'avis et de conseils. Il écrit à lord Keith :
« Que les infortunés Corses ne peuvent-ils, par mon entremise, profiter de vos longues et profondes observations sur les gouvernements et sur les hommes, y
Au prince de Wirtemberg :
« C'est une entreprise à méditer lojigtemps, qui demande bien des préliminaires, et avant d'y songer, il faut voir d'abord ce que la France veut faire de ces pauvres gens. »