CONSTITUTION DE LA COKSH
Sur ses sollicitations, un jeune Écossais qui était venu le voir se rend en Corse, afin d'en étudier les feibitants, leurs mœurs et leurs lois. Lui-même songe à s'y rendre ^ En attendant, il prend des notes, il examine, il réfléchit et jette sur le papier toutes les idées que ce sujet lui inspire. C'est là tout ce que produisit ce grand dessein ^. Plusieurs causes contribuèrent à ce résultat. D'abord, ainsi que Rousseau l'avait prévu, les vues du ministre de France, qui .n'étaient point celles d'un législateurrépublicain; puis, même avant que l'annexion eût lieu, et dans la chaleur du premier mouvement, il fut tout à coup refroidi par certaines rumeurs parties de Ferney, et qui tendaient à donner à toute cette affaire le tour d'une mystification. Voltaire, qu'on ne rencontre jamais dans l'histoire de Jean-
' Au mois de mars suivant, Rousseau forme le plan d'aller s'établir en Corse, mais il abandonne en même temps toute espérance de contribuer à la régénération politique de ce pays : « Sitôt que je serai parmi vous, n'attendez rien de moi sur le projet qui vous occupe. » Cette idée n'eut pas plus de suite que l'autre.
2 Le projet de constitution pour la Corse et la correspondance avec M. de Buttofuoco sont à la Bibliothèque de Neuchâtel. Ces pièces ont été publiées par M. Streckeisen-Moultou, ainsi que le récit de toute cette négociation, extrait de l'histoire de J.-J Rousseau, par Musset-Pathay. Voir le volume intitulé: Œuvres et Correspondances inédites de. J.-J. Roiisseiiii.