CONDUITE DU PROFESSEUR
Une lettre, du 2 mai, du fougueux colonel Chaillet renferme cet engagement et prouve bien que la conduite de M. de Montmollin avait des désapprobateurs dans sa famille et même parmi ses collègues.
« J'ai été indigné de voir la conduite plus qu'infâme du professeur. Il y eut Conseil d'État hier à ce sujet. On voulait le dénoncer à la Classe pour être puni comme un perturbateur du repos public et un séditieux. Mais ses parents ayant prié le Conseil d'État de différer cette dénonciation, le Conseil y souscrivit. Mai,s il y a un arrêt qui lui sera lu demain en justice et en communauté, de nature à lui en imposer et à lui et à tous ses satellites.
» Ce n'est que ce matin que l'on traitera en Classe son affaire; il a l'oreille basse et n'a osé se trouver à aucun repas. Le pasteur de la Brévine, appelé à faire hier le sermon de la générale, blâme la conduite de la Classe, et, tout en traitant la matière, foudroie le pasteur de la façon du monde la plus forte. Ce discours fut extrêmement loué et applaudi en Classe, et, ce qu'il y a de comique, par M, le professeur lui-même. Cela n'est-il pas comique? Mais
toutes ses vérités. C'était à l'occasion de sa requête) et l'on dit que ses parents furent les plus vifs à le condamner. Demain matin, il y aura une autre scène. Le Procureur général assemble à l'extraordinaire le Corjseil d'État pour faire ses plaintes sur la conduite et les sermons de cet enragé qui veut se feire donner sur les oreilles à tout prix. II fait si bien qu'il réveille l'attention du public sur ses faits et gestes et vous comprenez que cette attention ne lui est pas favorable. Menteur, yvrogne, paillard, tracassier, que ne se tient-il dans une heureuse obscurité. Mais abandonnons-le à son mauvais sort. »