‹ J.J. Rousseau au Val de TraversChapitre 99 sur 132 · VISITE DE MADAME DE VERDELIN · texte numérisé non relu

VISITE DE MADAME DE VERDELIN

temps témoignée. Et pourtant une ombre de soupçon se mêle à ce souvenir et en affaiblit le charme. Rousseau s'étonne que M"'^ de Verdelin n'ignorant rien de ce qui se passait et par ellemême et par ses domestiques, — « on vit même son homme de confiance en conférence avec Montmollin ! » — ne lui parla de rien, ni de personne, et répondit peu de chose à ce qu'il lui en dit quelquefois. Mais il faut toujours rappeler le temps où Rousseau écrivait; la réflexion seule vint gâter l'image d'un plaisir dont il avait, sans doute, joui pleinement et sans arrière-pensée. Cette goutte de fiel n'avait d'autre cause que l'insistance avec laquelle M""^ de Verdelin lui cqnseilla de se retirer en Angleterre auprès de Hume.

C'est un peu avant le séjour de M""^ de Verdelin qu'il faut placer, je suppose, la composition de ce petit pamphlet biblique dont Rousseau indique ainsi l'occasion et le but :

« Une des choses qui m'affectèrent le plus, fut de voir les familles de mes amis, ou des gens qui portaient ce nom, entrer assez ouvertement dans la ligue de mes persécuteurs, comme les d'Ivernois, sans en excepter même le père et le frère de mon Isabelle ; Boy de la Tour, parent de l'ami chez qui j'étais logé, et M^^ Girardier, sa belle-sœur. Ce

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