‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 50 sur 107 · Ed. Beuchot, XLII · texte numérisé non relu

Ed. Beuchot, XLII

lumière les droits naturels, à en faire une déclaration nette et ferme? N'avait-on pas raison d'inscrire sur le cercueil de Voltaire, lors de la cérémonie du Panthéon, en juillet 1791 : « Il réclama les Droits de l'homme ^ ». Nous connaissons mal les débats d'oii sortit la Déclaration de 89 ; nous trouvons pourtant, dans quelques-uns des discours prononcés au mois d'août, des paroles qui rappellent singulièrement la fin de la Lettre sw les miracles'.

Rousseau aurait-il conseillé la Déclaration des droits? Aurait-il été d'avis de débuter par elle, de la mettre en tête de la Constitution? J'en doute fort, en voyant la façon dont il insiste sur les différences qui, à raison de la race, du climat, du passé, doivent exister entre les institutions des peuples : « Comme avant d'élever un grand édifice, dit-il, l'architecte observe et sonde le sol, le sage législateur ne commence pas par rédiger des lois bonnes en elles-mêmes^ ». Lorsqu'on lui demanda une constitution pour la Corse, il ne proposa pas un plan déduit de maximes générales ; il s'enquit des

1. « Jamais les droits d'un peuple opprimé n'avaient été exposés avec plus de force, d'éloquence, de précision même, que dans la seconde scène de Brûlas. » (Condorcet, Vie de Voltaire.)

2. Voir surtout la fin du discours prononcé dans la séance de la Constituante du 1" août, par le comte de Castellane : « Plus les hommes connaîtront leurs droits... »

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