‹ J.-J. Rousseau et la Révolution françaiseChapitre 52 sur 107 · Deux amis de la Ubcrlé, III · texte numérisé non relu

Deux amis de la Ubcrlé, III

que je relis la lettre dans laquelle, indigné contre les employés de la Ferme générale, il ne conçoit pas comment on n'a pas sonné le tocsin contre eux dans tous les villages et comment on ne les a pas exterminés, il me semble qu'il eût approuvé le droit de résister à l'oppression inscrit dans l'article 2. Mais Rousseau? Rappelons-nous sa circonspection, son aversion pour les secousses brusques. Nous avons vu que quelques-uns de ses plus fer- Agents admirateurs avaient beau chercher, ils regrettaient de ne pas découvrir chez lui un seul mot qui permît, en aucun cas, de se soulever contre le gouvernement'. N'aurait-il pas voulu effacer des mots propres à justifier une insurrection?

A cela près, Voltaire et Rousseau auraient sans doute reconnu, dans la Déclaration de 89, leurs propres opinions exprimées en termes pareils à ceux qu'ils avaient eux-mêmes employés pour revendiquer la liberté et Fégalité, pour protester contre des servitudes et des abus surannés. Ils sont peut-être l'un et l'autre pour quelque chose dans la façon d'énoncer certaines idées, dans la forme et le style de l'acte. Le fond ne fut pris ni chez eux ni chez aucun écrivain; la force des choses l'imposa.

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