Essai sur les Révolutions, ch. xliii
et l'abondance sont indispensables'; les Montagnards improvisent une constitution au plus fort d'une des crises les plus terribles qui aient jamais bouleversé un pays.
Il a déclaré que la monarchie convenait à un grand pays comme la France; la monarchie est abolie et remplacée par un réj^ime qui n'est possible que dans un territoire très petit.
Il a préconisé le fédéralisme; les Girondins sont proscrits en qualité de fédéralistes.
Il a dit : pas de capitale; Paris est plus capitale que jamais.
Il a insisté sur la séparation des pouvoirs; la Convention les a tous.
Il a réprouvé les associations particulières qui détruisent la volonté générale; les clubs sont toutpuissants.
Il a interdit les moyens violents; la Terreur est
organisée.
Il a inspiré, dit-on, la Constitution de 93; la Constitution de 93 est annulée.
Bref, on ne cesse de faire, sur des points essentiels, le contraire de ce qu'il a prescrit en termes qui ne laissent place à aucune méprise, à aucun
1. Il rappella aux Polonais, YI, 3G7, ce qu'il a dit dans le Contrat au sujet de la nécessité de « ménager à tout prix un intervalle de tranquillité » pour réformer un pays.
doute; et c'est alors que, selon vous, il règne, il triomphe.
Plus ses avis sont enfreints et plus on s'en prend à lui! Plus on lui désobéit et plus c'est sa faute!
Au lieu de discuter, jetons la plume et allons au coin du bois oublier ces sottises en écoutant la caille qui chante dans les blés.