‹ J.-J. Rousseau et le pasteur de montmollin, 1762-1765. Suite et complément de J.-J. Rousseau au Val-de-TraversChapitre 3 sur 38 · SON ORTHOGRAPHE. I · texte numérisé non relu

SON ORTHOGRAPHE. I

lard à la mode du jour. Souvent aussi Torthographe est un renseignement sur les habitudes, les goûts, les caractères de ceux qui écrivent, ou de leur temps.

On peut remarquer, à titre de simple curiosité, que Rousseau doublait volontiers les consonnes ; il écrivait aggréer, appercevoir ; dans cette lettre du 12 août et dans d'autres, après avoir mis correctement paroissien avec un r^ il a corrigé pour en ajouter un second. Ses manuscrits sont d'ailleurs d'une netteté et d'une régularité parfaites, faciles à lire et agréables à l'œil comme des pages d'impression. Il avait la belle écriture ronde du XVIIP siècle.

La lettre de Rousseau au pasteur fut bientôt répandue iirhi et orhi, bien que l'un et l'autre affirmèrent ne l'avoir communiquée à personne, et chacun en dit son mot. M"'"^ de Boufflers en écrivit à Jean- Jacques, et les ministres de Genève à M. de Montmollin. L'un et l'autre durent s'expliquer et se défendre. Cette polémique engagea Rousseau à écrire de nouveau à son pasteur dans le mois de novembre de la même année. La correspondance publiée con-

tient ce document, où respire une affectueuse indulgence pour le ministre; celui-ci cependant n'en a pas conservé l'autographe.

Je trouve en revanche dans ses papiers le billet sans date et sans signature qui accompagnait l'envoi de la lettre à M^"" de Beaumont, mais fort différent du texte que l'on connaît. Ce sont les mêmes idées; ils commencent et finissent par les mêmes mots, et le ton en est tout autre. L'un est aigre et menaçant, l'autre plein de douceur et de confiance.

Nous donnerons les deux versions, sans chercher à deviner si celle de M. de Montmollin exprime ou corrige le premier mouvement du bon et soupçonneux Jean-Jacques. En tous cas, la comparaison est intéressante à faire.

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