‹ J.-J. Rousseau et le pasteur de montmollin, 1762-1765. Suite et complément de J.-J. Rousseau au Val-de-TraversChapitre 5 sur 38 · ROUSSEAU A LA SOC. DE L ARQUEBUSE · texte numérisé non relu

ROUSSEAU A LA SOC. DE L ARQUEBUSE

beau présent n'avait pas, à ce qu'il semble, contenté tout le monde. Jean-Jacques l'apprend, et aussitôt il adresse au président des arquebusiers la lettre suivante :

(( A Monsieur Vabbé et Messieurs les officiers de V Arquebuse,

« Messieurs,

« Je me fis toujours une loi de répondre aux honnêtetés par des honnêtetés plus grandes et de ne fléchir jamais sous les mauvais procédés. Quand vous me fîtes l'honneur de m'offrir une place dans votre Abbaye, voulant de mon côté vous marquer, selon mes mo3^ens, ma reconnaissance, je proposai de faire tirer mon épée à votre prix; cet hommage ne vous agréa pas, vous préférâtes de l'étain. J'y consentis; un ami voulut bien se charger de cette emplette; alors, au lieu de l'étain, vous me fîtes demander un drapeau, et j'accordai de bon cœur le drapeau. Vous n'en avez plus voulu; vous n'avez plus su ce que vous vouliez, j'ai vu vos murmures augmenter avec ma déférence; plus

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je cherchais à vous plaire, plus j'ai eu le malheur de vous mécontenter et vous n'avez tiré qu'avec peine l'étain que vous aviez demandé. Ce mauvais succès de mes soins m'apprend que 5 malgré vos avances, je ne suis pas agréable à votre corps; c'est pourquoi, je vous déclare que je m'en retire, vous priant, messieurs, d'effacer mon nom de vos registres, et d'agréer mes remerciements et mon respect. »

Il est aisé de s'imaginer l'émotion que cette épître produisit dans le corps des arquebusiers et dans tout le village. On voit les conciliabules, on entend les propos, les commentaires, les reproches mutuels, l'embarras des meneurs et des mécontents. Qiie faire? que répondre? comment apaiser le grand homme et obtenir de lui qu'il retire sa démission ! On lui dépêcha sans doute un notable, un homme éloquent, influent, et c'est à la suite de cette ambassade qu'il adressa à ce personnage la seconde lettre que voici :

(( Motiers, ce 12 juin 1764.

« Il était superflu, Monsieur, que MM. les officiers de rÀrquebuse entrassent en justification

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