‹ J. J. Rousseau, ses amis et ses ennemis (volume 2)Chapitre 23 sur 63 · LETTRES DE VERNES A J.J. ROUSSEAU · texte numérisé non relu

LETTRES DE VERNES A J.J. ROUSSEAU

morceau ; mais, pour ne vous en pas tenir là, quel service vous auriez pu rendre à la religion de Jésus, à cette religion sublime, en retranchant ce que les hommes y ont ajouté, et en montrant que ce qui est la doctrine de Jésus et des apôtres s'accorde avec votre l»eau système de religion naturelle, retend et le perfectionne. Mais par vos difficultés sur le christianisme, vous avez troublé les âmes affermies dans la foi, enlevé ce qui en restait dans quelques autres, et fait triompher nos libertins, qui s'appuient de l'autorité d'un homme ^ tel que vous, d'un homme de bien, d'un amateur zélé de la vérité ; si au moins ils étaient tels que vous les demandez dans la rehgion naturelle ! Mais, mon cher Rousseau, qu'ils sont bien éloignés d'adorer Dieu et de le servir avec cette simplicité, celte pureté de cœur que vous exigez de vos disciples ! J'abrège, mon cher Rousseau ; il m'a été impossible de ne pas vous montrer le fond de mon cœur, vous aimez trop la candeur pour blâmer celle avec laquelle je vous parle. Que ne pouvez-vous hre dans le fond de ce cœur! Vous y verriez le tendre intérêt que je prends à mon ami, et combien il manque à mon bonheur de ne pas vous voir dans une patrie dont vous auriez fait les délices par votre commerce, comme vous en faites la gloire par vos talents supérieurs. Mais, mon cher Rousseau, dois-je désespérerde vous embrasser jamais? Donnez-moi, je vous en prie, de vos nouvelles, et n'oubliez pas le plus vrai de vos amis ^

^ Les quatre lettres de M. Ycrncs à Rousseau, qui ont rapport à raffaire du )ibelle, devraient être placées à la suite «le celles qu'on vient de lire. Nous avons trouvé inutile cependant de les donner ici, puisque Rousseau lui-même les a l'ait connaître en les insérant dans sa Déclaration relative à M. Vernes^ qu'on trouvera dans le recueil de ses écrits.

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