‹ J. J. Rousseau, ses amis et ses ennemis (volume 3)Chapitre 68 sur 73 · ANONYME GENEVOISE · texte numérisé non relu

ANONYME GENEVOISE

Monsieur, j'ai été une de vos admiratrices, j'ai souhaite souvent de vous entendre raisonner sur les matières les plus difficiles. Cependant, monsieur, j'ai eu occasion de désapprouver votre philosophie outrée : elle m'a paru toujours dénuée de prudence. Je me suis souvent fait dire par vos

admirateurs que j*étaîs une ignorante. Malgré mon ignorance, monsieur, je vous dirai que tous êtes une peste potur le genre humain. S'il vous restait quelque peu de bon sens, vous rassembleriez les volumes de vos ouvrages, vous ks brûleriez vous-même et vous emploieriez votre plume et'voire génie à écrire des choses où vous n'offenseriez pas ila divinité et l'humanité. Pour moi, je vous ai trouvé indigne de porter le nom de citoyen de notre république. Je n'ai pas bescûn de vous dire que je suis une fille sans étude ; cependant j'ai le cœur pénétré en voyant le mal que vos livres font à Thumanité, dont vous vous déclarez l'ami.

Pardon, monsieur, c'est le cœur, c'est ma religion qui parle. Ah! que j'aurais souhaité que vous l'eussiez aimée autant que moi, cette religion divine, elle vous aurait épargné bien des peines, de même qu'à vos amis. Je serais charmée d'apprendre que vous reconnaissez vos torts, et je yols donnerais avec un cordial plaisir le nom de mon cher citoyen de Genève.

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