‹ J. Jacotot et sa méthode d'émancipation intellectuelleChapitre 4 sur 78 · OUVRAGES · texte numérisé non relu

OUVRAGES

Paris, Guillard frères à Lyon, Toarrier à Londres, le gymnase de Deux-Ponts (Bavière), Fécole des Cadets de la marine de Gatchina (Russie) sont les plus connus parmi celles qui ont répandu « le bienfait de la méthode »•

En 1830, Jacotot rentra en France et se fixa à Valenciennes, où il se consacra à la propagation de sa méthode. II revint à Paris en 1836. 11 souffrait, depuis 1816, d'un torticolis spasmodique qui Tobligeait, comme on le voit dans ses portraits, à maintenir sa tête avec un bandeau* Ses souffrances, qui s'aggravèrent dans les dernières années de sa vie, n'altéraient point sa sérénité. Ses petitsenfants se souviennent des gais et charmants contes que le vénérable professeur, cloué sur son fauteuil, leur contait en les faisant sauter sur ses genoux. Il mourut à Paris, le 30 juillet 18 iO.

Les ouvrages dans lesquels Jacotot a développé sa méthode sont : Enseignement universel^ Langue maternelle^ in-8% 1824, Louvâin et Dijon; V édition, Paris, 1852, Dentu; — Langue étrangère^ Louvain, 1824; 7® édition, 1852; — Musique^ dessin et peinture^ Louvain, 1824; 4' édition, 185-2 ; — Mathématiques^ Louvain, 1828 ; 3« édition, Paris, 1841 ; — Droit et philosophie panécasiique^ Paris, 1835 ; 2® édit. 1841. — Mélanges posthumes^ Paris, 1841 ; enfin un grand nombre d'articles insérés au Journal de V Émancipation intellectuelle publié de 1829 à 1842 par ses deux fils, le docteur H. Victor et l'avocat Fortuné Jacotot. Ce dernier a publiiâ l'^êtom^ de£ imthémaiiqu^^

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opuscule de 18 pages in-8^, qui termine le livre de son père sur les mathématiques.

. On peut reprocher à Jacotot tous les défauts du novateur. Plein de confiance dans son système, il ne prenait -pas toujours la peine de l'expliquer à ses adversaires, qu'il .traitait volontiers d'ignorants et de sophistes. Un peu trop négligé dans la forme, un peu trop absolu dans les principes, un peu trop irrégulier, même assez souvent bizarre dans l'exposition ; au demeurant, le meilleur et le plus doux des hommes. Il avait la fermeté, la patience, l'honnêteté, la candeur des esprits supérieurs ; une inépuisable bonté, une charité universelle qui lui faisait terminer toutes ses lettres par cette formule : « Je vous recommande surtout les pauvres. » Cette ardente philanthropie, de même que son enthousiasme et sod zèle pour l'instruction, respirent encore dans ses .écrits, d'ailleurs pleins d'inégalités et d'excentricités verbales.

On peut lui reprocher d'autres défauts quant à la doctrine même. Il en exagérait, pour les mettre en relief, ou par exubérance de sens propre, les vérités essentielles qui, sous sa main, se transformaient en paradoxes. Le besoin d'unité inhérent à son esprit lui faisait pousser les principes au-delà de leurs conséquences ; ou dii moins, plus soucieux du triomphe de sa méthode que de ses succès d'écrivain, il ne se préoccupait pas de savoir si ses lecteurs comprendraient sa doctrine de la même manière et rétendraient aussi loin que lui.

Quelles qu'aient été ses exagérations apparentes ou réelles, il faut mettre le système de Jacotot parmi ceux qui ont fait la plus large part à l'élasticité do notre nature. Il forme un tout complet, il s'applique à toutes les branches do l'instru^ctioni et ne laisse à l'écart aucune des facultés

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