‹ J. Jacotot et sa méthode d'émancipation intellectuelleChapitre 78 sur 78 · Lm^uQ mkt^Mlle^ p. â · texte numérisé non relu

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)I serait pourtant si facile, si nous y pensions, et si bon, si utile, de porter dans la science « un esprit indépendant que les intérêts de lasci&nce préoccupent seuls I » (4). M. Av Ëspitiaâ fait hooneur^à M: Fouillée de celte émi^ lîenrtfe qûàiitéj dont il eèt boiï juge, et il ajoute : « II s'est introduit che2^ nous dépuis quelque trente ans dans les diséUsBions philosophiques^' un^ habitude déplorable. Les uhset'léà 'autres, c^oyânts' où incrédules, nous échangeons dès arguments sur de^ points de détail, sans déclarer nos principes généraux et sans nous en prendre aux principes généraux de l'adversaire. Il en résulte que Ton perd un temps considérable et que les discussions dépourvues d'ampleur languissent à travers d'insignifiants détails. C'est la faute des temps. La liberté manquait. Ne conviendrait-il pas de changer de méthode ? Dès lors, si l'on discutait par exemple avec un catholique la question de l'âme des bêtes, on saurait qu'il ne peut en aucune manière eccepter sur ce point, pas plus que sur les autres, la doctrine évolutionniste ; de même s'il s'agit de l'évolution du droit et de la moralité, ou du fondement substantiel de l'âme individuelle. Que de temps épargné ainsi I Et comme les débats philosophiques auraient une plus grande allure I »

Cet appel sincère à l'esprit d'impartialité et de conciliation philosophique termine on ne peut mieux, selon nous, un travail inspiré par la pensée de rendre justice entière à Jacotot, ce vaillant champion, un peu trop surfait par ses amis, un peu trop ravalé par ses adversaires, un peu trop

1. A. Espinas. Leê études sociologiques en France,^ Reyu^fhilosor phiçfuef octobre 1883.

oublié par ses compatriotes (1), de Vémanoipation intelr lectuelU.

1. Le mot doit se prendre ici dans le plus large sens : autrement il ne serait pas juste. Le conseil municipal de Dijon, dans sa séance du 29 mai 1875, a décidé qu'une rue nouvellement créée et reliant la rue Berlier au boulevard Carnot porterait le nom de l'illustre dijonnais Jacotot. — Jacotot a eu, du reste, de nombreux admirateurs à l'étranger. Je reçois justement la sympathique étude que M. Hugo Gôring, vient de lui consacrer (Joseph Jacotot' s Universat-Unter' richtf Pichler, Vienne et Liepzig). Je regrette de n'avoir pas eu connaissance de ce travail sérieux avant d'avoir achevé le mien.

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