‹ J. M. GuyauChapitre 1 sur 98 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Le livre ami, a dit Guyau, est comme un œil ouvert que la mort même ne ferme pas, et où se fait toujours visible, en un rayon de lumière, la pensée la plus profonde d'un être humain. » Nous voudrions que quelquesunes de ses pages, choisies parmi les plus belles et les plus durables, parmi celles où il a mis le plus de son cœur, fussent pour tous ce livre ami dont il parle, cet œil ouvert que la mort ne peut fermer. Guyau est d'ailleurs de ceux qu'on ne peut lire sans les aimer, parce qu'il a aimé lui-même toutes les grandes choses et leur a consacré sa vie entière.

Jean-Marie Guyau naquit à Laval le 28 octobre 1854. Son premier guide dans ses études fut sa mère, auteur (sous le pseudonyme de G. Bruno) d'ouvrages d'éducation universellement répandus. Il fit ensuite ses études classiques sous notre direction à nous-même , qui lui étions uni par des liens de parenté et devions plus tard devenir son second père. Il montra une ardeur au travail et une précocité extraordinaires. De bonne heure, la poésie et la philosophie furent ses deux passions; Corneille, Hugo et Musset, Platon, Epictète et Kant excitèrent ses premiers enthousiasmes. Encore adolescent, il était

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