‹ J. M. GuyauChapitre 29 sur 98 · LE SENTIMENT DE LA NATURE · texte numérisé non relu

LE SENTIMENT DE LA NATURE

paysage, un coucher de soleil, une ouverture sur la mer bleue, une montagne blanche toute droite, ou même ce simple morceau de ciel que tout coin de terre a sur lui, est absolument pure, saine, sans rien de heurté, de trop navrant ni de trop immodérément gai. Devant la nature, l'émotion esthétique rafraîchit et délasse au lieu de fatiguer, le sourire des clioses n'a jamais rien qui ressemble à une grimace; il pénètre jusqu'à l'âme comme la lumière jusqu'au fond des yeux, et si la nature a ses tristesses, il s'y mêle toujours quelque chose d'infini qui élargit le cœur. Pour qui sent assez profondément l'immensité toujours présente à la nature et enveloppant toute chose comme le ciel , il est impossible de ne pas puiser dans ce sentiment une sorte de sérénité stoïque.

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